Que d’autres #attentats, improvisés ou planifiés, vont frapper encore l’Europe n’est vraiment pas une information exclusive. Mais le dossier de CNN laisse entrevoir qu’Europol (European Police Office) se coordonne mieux et parvient à obtenir un nombre croissant de données sur les connections entre djihadistes.

 

Trois arrestations clefs

Selon les informations récoltées par CNN, les attentats de novembre 2015 à Paris auraient dû avoir des répliques simultanées en d’autres sites – des centres commerciaux en France – et aux Pays-Bas. Cela résulte de l’examen de près de 90 000 pages de documents, la plupart en français, que les journalistes ont soumis à un expert français, Jean-Claude Brisard.

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Les kamikazes du Stade de France auraient dû être accompagnés par l’Algérien Adel Haddadi et le Pakistanais Muhammad Usman. Ils seraient parvenus en Europe six semaines avant les attentats parisiens de novembre. Mais ils furent interceptés par la police grecque en possession de passeports syriens trafiqués. Relâchés fin Octobre, ils auraient reçu d’autres indications de parcours depuis le califat. Lors de l’attentat du Stade de France, leur destination initiale, ils venaient de demander le statut de réfugié à Salzbourg (Autriche). À Salzbourg, ils attendaient un renfort, Abid Tabaouni, un Marocain, parvenu dans la ville en Décembre, et finalement arrêté en Juillet dernier à Bruxelles. La police autrichienne, qui procéda à l’arrestation d’Haddadi et Usman le 10 Décembre, trouva le portable de Tabaouni, qui a réussi à se soustraire à la rafle, en leur possession.

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Il est désormais incarcéré en Autriche, Haddadi et Usman ayant été remis aux services français. Les téléphones des trois djihadistes ont livré de multiples renseignements. Europol estime que d’autres cellules dormantes d’infiltrés depuis le califat subsistent en Europe, détectées ou non, mais peut-être en manque d’instructions de la centrale de #Daesh, l’Amn al-Kharji, spécialisée dans la préparation d’attentats hors Moyen-Orient. Certaines cellules sont repérées, leurs déplacements suivis, mais la traque est difficile car leurs membres se séparent et entrent en contact avec des djihadistes potentiels n’ayant jamais rejoint la Syrie.

 

Frontière turque sécurisée

Le reflux depuis la Syrie devrait – logiquement – se tarir quelque peu. La route privilégiée pour traverser la #Turquie depuis Alep, vers Izmir puis Leros (où les prétendus réfugiés embarquent vers la Grèce) est coupée. L’armée turque, en liaison avec la Free Syrian Army contrôle à présent une large bande frontalière couvrant 600 km² au nord de la Syrie et bordée par des zones occupées par des forces kurdes.

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Il ne peut être exclu qu’une si large étendue – 91 km – puisse rester perméable à des infiltrations, mais certainement beaucoup plus limitées. Les risques d’être intercepté sont lourds. L’armée turque – artillerie et aviation, des détachements de blindés, forces spéciales – appuie les offensives de la FSA vers le sud. Sept nouveaux villages ont été repris le 5 Septembre. La veille, al-Qadi, dernière localité frontalière contrôlée par Daesh, était tombée. Les Kurdes qui étaient présents sur cette large bande ont été aussi éliminés ou repoussés vers l’est et l’ouest. Les forces kurdes consolident aussi leurs avances dans le califat. Les États-Unis soutiennent ces forces kurdes mais des batteries de missiles américaines d'une portée de 92 km ont renforcé l'artillerie turque. D’un côté, les pertes de territoire du califat pourraient inciter des djihadistes européens ou du Maghreb à tenter de rentrer en Europe, de l’autre, leurs tentatives sont beaucoup plus risquées qu’auparavant. De plus, Europol ayant acquis une plus large expérience, filtre mieux les réfugiés.