Big Ben va se taire, le Parlement entrer (à très lourd prix) en réfection, mais le #Royaume-Uni semble en passe de menacer l’#Union Européenne d’abaisser le taux de l’IS (l’#impôt sur les sociétés) de moitié, soit de le fixer à 10 %. Hors petites principautés et république de San Marino, ce serait le plus bas taux d’Europe. Car même l’Irlande est au-dessus. Le Royaume-Uni est déjà un paradis fiscal avec l’île de Man, les îles anglo-britanniques. Les conservateurs sont divisés entre les options d’un soft, hard ou dirty Brexit. Si l’Union européenne refusait de maintenir les principes du Marché commun en faveur de la Grande-Bretagne, alors, selon des sources dont font état le Sunday Times, The Independent et d’autres titres, le gouvernement britannique pourrait faire passer l’IS de 20 à 10 %. « Il est dit que nous n’avons pas de cartes en réserve. Nous en avons de très bonnes s’ils se montrent réticents à notre égard (…) s’ils invoquent de fort droits de douane, nous pouvons réduire l’impôt sur les sociétés à dix pour cent. » Déjà, à l’exception de l’Irlande et de quelques (très) petits pays européens, le Royaume-Uni, avec 20 %, est dans le peloton de queue quant à l’imposition des entreprises.

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Une réduction de moitié pourrait effectivement aider les entreprises nationales et attirer des investisseurs. Alors que des banques fuiraient la City, des industries du continent pourraient envisager de se délocaliser… au prix de plus fortes taxes douanières pour leurs exportations. Et beaucoup plus de paperasse, impliquant des frais induits. L’argument est donc à double tranchant. Les travaillistes s’opposent bien sûr à cette perspective qui impliquerait une chute des investissements nationaux. Le Shadow Chancellor (éventuel futur ministre des Finances du Labour), John McDonnell, a réagi : les conservateurs n’ont pas réussi à réduire le déficit budgétaire depuis six ans et ralenti les investissements d’infrastructures.  « C’est pourquoi notre économie est si fragilisée à la veille du Brexit », a-t-il ajouté.

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Irlande, 12,5 %

Hors paradis fiscaux, comme l’État du Delaware, ou des îles, l’IS le plus bas s’applique en Irlande, avec 12,5 %, suivi par Singapour (17).  La moyenne européenne se situe à 22 mais frôle les 30 en Allemagne, surpassée par l’Italie (31,4) et la France (33,3) qui, elle, multiplie les aides à la recherche, à l’embauche des chômeurs, à l’investissement, &c. Déjà, l’ancien ministre des Finances, un Remainer (ou favorable au maintien dans l’UE), George Osborne, avait envisagé de réduire l’IS a 15 points. Il l’avait déjà abaissé de 28 à 20. Cette perspective avait conduit Bruxelles à concéder à David Cameron divers avantages. Le risque pour le continent, si le bras de fer entre l’UE et le Royaume-Uni aboutissait à une telle réduction, c’est que divers pays (de l’Europe de l’Est, ou les Pays-Bas…) renchérissent à leur tour, alors que l’Allemagne et les pays de l’Europe du Sud (France, Portugal, Espagne, Italie) plaident pour une meilleure harmonisation fiscale – avec certaines réticences de la part de l’Allemagne, notamment.

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Cette mesure sèmerait sans doute la zizanie mais pourrait, au contraire, entraîner un sursaut. Les secteurs industriels et financiers britanniques ont reçu cette annonce (qui se concrétisera ou non) de manière mitigée. La Chambre de commerce et l’Institute of Directors souhaitent un fléchissement de la corporation tax, mais souhaitent surtout des investissements d’envergure, dans la formation, les infrastructures. Car la baisse profiterait surtout aux multinationales, qui ne favoriseraient guère l’emploi, donc la consommation intérieure. Le message vise aussi les conservateurs inquiets que Theresa May se montre trop molle dans les négociations avec Bruxelles. Mais l’argument est à double tranchant. L’UE pourrait en profiter pour ressouder ses troupes et les préparer à éreinter le Royaume-Uni. En cause, le principe de la libre circulation des travailleurs, notamment.