Par chance, ou plutôt du fait des évacuations massives après le dernier #Séisme ayant frappé l’#Italie centrale le 26 dernier, le tremblement de terre de ce dimanche n’a fait que des blessés, et aucune des nombreuses victimes n’est décédée (mais on recherchait encore cette nuit d'éventuels disparus). Ce troisième séisme depuis celui d’août à Amatrice a en revanche provoqué des dégâts matériels véritablement catastrophiques, et il sera très difficile de reconstruire des villages médiévaux et des monuments d’intérêt historique et touristique primordiaux. Mais le pire reste à venir. Les spécialistes, et notamment Paolo Messina, le directeur du Cnrs italien (le CNR, Conseil national de la recherche) avertit : ce n’est que le début, un tremblement de terre encore plus fort que celui-ci (magnitude 6,5) ne peut que se produire.

Publicité
Publicité

24 août, Amatrice, 26 octobre, Visso-Castelsantangelo, 30 octobre, Norcia, et… outre des répliques, qui ont touché plus d’une centaine de communes, un très probable prochain tremblement de terre. Qui frappera de nouveau une vaste région aux sols en sévère faiblesse hydrogéologique. Soit des ponts, des tunnels qui s’effondrent, des routes coupées, et bien évidemment des habitations détruites, des cités et villages fantômes… Le président de la République, Matarella, s’exprimant depuis Jérusalem, a mis l’accent sur la reconstruction : vœu pieux, vain, car mal informé. Toute l’Italie centrale est en sursis.

Craintes pour les prochains jours

L’Institut national de géophysique italien craint « l’effet domino » pratiquement inéluctable. Un séisme de magnitude 6,5 comme celui de dimanche a forcément des répercussions : les tensions se propagent, les failles voisines peuvent rompre.

Publicité

Les failles sont présentes de la Sicile au jusqu’à la région du port de Gênes, la Ligurie, voisine de Monaco. Elles s’étendent tout le long de la chaîne des Apennins, elles couvrent de dix à vingt kilomètres en sous-sol, et les effets « palpables » (de Rome à l’Autriche pour le dernier en date) des séismes sont en fait propagés, sous la croûte terrestre, sur des centaines de kilomètres. En 1997, autour d’Assise, il y eu trois séismes à 20 jours d’intervalle. Avec évidemment de nombreuses répliques. Pompéi fut partiellement détruit en 62 (puis enfoui par le Vésuve en 79). Cela fait plus de deux millénaires que l’étroite « botte » qu’est l’Italie est frappée, depuis en-dessous de Val di Noto (Sicile, 1693) à Rifiano (Haut-Adige, frontalière de l’Autriche, 2001), en passant par le Frioul (1348), et bien sûr Rome (801) et d’autres régions côtières (Pouilles, Campani). Mais depuis le siècle dernier, cela s’accélère et les magnitudes approchent de huit. On en est à 14 depuis 2000, de magnitude égale ou supérieure à 5 (sans compter les moindres secousses, fréquentes).

Publicité

Les plaques africaine et eurasienne bougent, d’autres plaques de moindre importance, plus proches, et toute l’Italie ou presque est parsemée de failles « normales » (écartement) et « inverses » (pression entre plaques, dont la tyrrhénienne occidentale et l’adriatique orientale). L’Afrique remonte vers le nord et des microplaques écartèlent l’Italie. Personne ne peut vraiment dire si c’est le début de l’accalmie (provisoire) ou du pire. Personne ne peut sérieusement prédire un séisme. Personne ne peut non plus consolider des maisons fort anciennes pour les rendre à coup sûr résistantes sauf à consacrer des sommes faramineuses. Les ondes de ce dimanche se sont propagées jusqu’en Corse et en Croatie. Bien au-delà du port de Rome, Ostie, à celui d’Ancône (à l’opposé, plus au nord). Peu avant 19:30, ce dimanche, un séisme de force 4 a encore été ressenti à cinq kilomètres de Norcia. Il a encore fragilisé davantage des habitations, des équipements, et des monuments déjà fortement affectés… #Apennin