Le #Brexit sera-t-il doux, dur ou « dégueu » (Dirty Brexit) ? Les Britanniques commencent à s’inquiéter des répercussions du Brexit. C’est d’abord Sa Majesté Elisabeth qui s’émeut en son for intérieur. La Pac (Politique agricole commune) lui allouait un million de livres (700k£ pour son Sandingham Estate de Norfolk, 300k£ pour les terres autour du château de Windsor), plus d’autres subsides pour le Domaine royal (Crown Estate). Rien que les deux principaux domaines couvrent 7 800 ha, et il en est d’autres… La perspective d’un Brexit dur, voire sale, soit fortement ou férocement au détriment du #Royaume-Uni commence à inquiéter les Britanniques.

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Qui ne le prennent pas qu’avec humour, comme en témoignent ces détournements des livres d’Enid Blyton, de la série Le Club des Cinq, l’équivalent, sur le mode parodique, de ceux des albums de la célèbre Martine (ici, de mon cru : « Martine évacue la Jungle de Calais »). D’une part, à l’issue de ses 100 jours à Downing Street, Theresa May a rencontré les représentants de ses 27 homologues à Bruxelles. Jean-Claude Junker a haussé les épaules à l’issue de ses cinq minutes de temps de parole à… une heure du matin, juste avant de quitter la table. Sa courte allocution fut suivie un froid silence. D’autre part, que la Wallonie bloque la ratification du traité Ceta avec le Canada n’est guère de bon augure pour les négociations sur le Brexit. Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a nettement fait le parallèle avec le Royaume-Uni : « imaginez ce que cela va être avec les Brits ».

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La City s’inquiète de plus en plus du départ de banques vers Francfort ou La Défense. Rolls-Royce et d’autres constructeurs automobiles s’interrogent : leurs sous-traitants sont sur le continent. L’aérospatiale britannique dépend d’Airbus. Or, à part le chancelier (ministre des Finances) Philip Hammond, peu sont les ministres semblant réaliser les répercussions sur l’économie. Le Brexit dur voulu par Boris Johnson tourne au sale Brexit car les conservateurs ne voient que les avantages du recul de la livre sterling, et guère les inconvénients actuels ou futurs.

Les anciens ministres au créneau

Le gouvernement de David Cameron comptait une majorité d’anciens ministres opposés au Brexit. Ces conservateurs pur jus multiplient les mises en garde. L’actuel gouvernement imagine un divorce à l’amiable ou une séparation profitable d’avec l’Union européenne. Philip Hammond a été vilipendé, exclu de réunions cruciales au 10, Downing Street (il siège, en voisin, au 11). L’ancienne ministre de l’Industrie et du « Business », Anna Soubry, et Nicky Morgan (Éducation), ont publié des tribunes, Ed Milliband et Nick Clegg préparent une motion au Parlement : pas de Brexit si cela implique de se couper du marché commun.

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Près d’une vingtaine de membres conservateurs se rallieraient à la motion. Holyrood (le Whitehall écossais), soit Nicola Sturgeon, Première ministre, et Michael Russel, ministre délégué au Brexit, mais aussi les Gallois et les Irlandais du Nord, réclament d’étroites consultations sur les négociations. Les Écossais préparent un second référendum sur leur indépendance. Mais l’avertissement le plus fort est venu d’Anthony Browne, qui préside la British Bankers’ Association : 70 000 emplois sont menacés d’un transfert vers le continent et ses membres « ont les doigts qui tremblent au-dessus du bouton de déménagement [relocate button] ». The Independent insiste : « une Europe à la carte n’est pas au menu », « vous ne pouvez avoir le beurre et l’argent du beurre », disent les ministres européens. Les négociations seront un cauchemar, avertit l’éditorialiste Andrew Grice. À l’inverse, Janet Daley, du Telegraph, fustige la mollesse des conservateurs cédant aux pressions des multinationales de la finance et de l’industrie. Tout doit privilégier la préservation des emplois britanniques contre l’invasion des travailleurs étrangers. Certes, mais en attendant, des emplois vont prendre le large