Une étude gouvernementale britannique, dont le rapporteur est Ted Cantle, conclut que le #Royaume-Uni et en priorité l’Angleterre est de plus en plus ségrégué. Soit que les populations se regroupent selon des critères d’appartenance à des communautés ethniques. Alors qu’en France il n’est pas possible que l’Insee se livre à des statistiques sur les origines des personnes recensée, le Royaume-Uni, dont le prochain recensement général s’effectuera en 2021, est doté de moyens pour le faire. Il en résulte que de nombreuses villes agrègent des populations d’origines similaires ou voisines. Cela vaut pour la population dite « caucasienne » : des quartiers entiers ont désormais en majorité des habitants d’origines polonaises ou des pays baltes.

Publicité

Mais le rapport s’attarde surtout sur les populations différenciées selon qu’elles sont « blanches » ou « autres » (Asians, soit Asiatiques, ce qui inclut les Pakistanais et les personnes provenant du Moyen-Orient, les Africains, Antillais, &c.). Il apparaît que de très nombreuses localités ou quartiers de grandes villes sont déjà ou en voie avancée d’agglomération d’habitants d’origines proches. Ainsi, à Blackburn (Lan.), il n’y aurait plus qu’environ cinq mille « Blancs » (± 5%). Pratiquement toute la presse anglaise est allée interroger le même boucher pakistanais qui parfois échange un signe de tête ou un bonjour avec des passants non-Asians mais n’en a jamais servi un seul dans sa boutique halal.

Publicité

Saint-Denis Floréal sur Tamise

Ce qui vaut pour Blackburn se vérifie dans certains quartiers de Londres. Tout comme certains quartiers de Saint-Denis (93) sont majoritairement peuplés d’habitants d’origines diverses étrangères, ceux de Londres, comme Newham, ont vu leur population « blanche » migrer vers d’autres secteurs : Newham n’en compte plus que 16%, contre plus du double voici dix ans.

Publicité

Le même phénomène est observé dans la plupart des grandes villes comme Birmingham, Leicester. Et ces populations ne se mélangent guère : elles vivent chacune sur leur secteur, ne fréquentant que les écoles, les antennes administratives, les équipements ou commerces locaux. Le regroupement se fait en raison de la présence de mosquées ou d’églises évangéliques, mais surtout, comme en France, parce que des familles très élargies tendent à habiter à proximité des unes ou des autres. Des rues entières sont peuplées de parents proches ou éloignés (petits-cousins, petites-nièces, &c.). Déjà, entre 1991 et 2011, dans certains secteurs, la population caucasienne a fléchi de moitié et depuis, le mouvement s’est accéléré. Le phénomène est amplifié par l’aide au logement : les loyers sont directement réglés aux propriétaires, des Anglais caucasiens ou autres. Les investisseurs Asians (hors émirs et autres richissimes) optent en priorité pour des quartiers peuplés par leurs communautés. De plus, ces habitants tendent à conserver leurs parents âgés auprès d’eux.

Publicité

De surcroît, très peu d’Asians des classes moyennes inférieures (lower middle-classes) cherchent à présent à se loger dans des quartiers à large majorité caucasienne. De fait, de part et d’autre, diverses formes de racisme amplifient le phénomène. Les communautés vivent « des vies parallèles ». Le rapport n’a pas échappé à l’Hindustan Times ou d’autres titres : le Brexit a aussi amplifié cette ségrégation, le racisme des Anglais est devenu banalisé, normalisé à leurs propres yeux, « communément accepté ». Paradoxalement, le maire de Londres est d’origine pakistanaise et l’une des personnalités les plus en vues de l’Ukip (le parti populiste) n’est autre que Raheem Kassam. Mais il est craint que s’il succéderait à Nigel Farage (en voie d’obtenir un peerage, un siège parmi les Lords), une part notable de l’Ukip le déserterait, car le sentiment nationaliste s'est renforcé depuis le référendum sur la sortie de l'Union européenne. Le #Brexit, s’il s’accompagne de restrictions visant les Européens souhaitant travailler au Royaume-Uni, devrait encore accélérer ce phénomène. #Ségrégation