#Daesh a revendiqué la commandite de l’attentat du marché de Noël de Berlin sans désigner Anis Amris pour l’auteur. Mais le jeune tunisien était lié au groupe Ansar al-Charia qui avait commis divers attentats, dont ceux du musée du Bardo à Tunis et de la plage de Sousse. Ce djihadiste résolu est originaire de Tataouine ; il vivait à El Oueslatia (gouv. de Kerouan) ou réside sa famille, dont son frère Abdelkader Walid et sa sœur Najoua. Ils ont indiqué qu’Anis Amris avait émigré en Tunisie en 2011.

Détenu en Italie

#Anis Amri s’était déjà illustré en Italie. Il y a effectué quatre ans de détention pour l’incendie volontaire d’une école.

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Il était parvenu en Allemagne en juillet 2015. Il avait déposé une demande d’asile qui fut rejetée mais sa déportation avait été différée du fait d’un manque de réactivité des autorités tunisiennes. Elles n’ont transmis des documents d’identité en Allemagne que ce mercredi. Il s’est livré à divers méfaits en Allemagne, utilisant jusqu’à six diverses identités et trois présumées nationalités (dont l’égyptienne et la libanaise). Comme dans le cas de la France, l’extradition est impossible si le pays d’origine ne reconnait pas la personne comme l’une de ses ressortissantes. C’est pourquoi d’ailleurs des demandeurs détruisent ou dissimulent leur passeport ou papiers d’identité d’origine. Sa carrière criminelle avait débuté en Tunisie par des vols de véhicules, pour lesquels il fut condamné à cinq ans par contumace.

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Il fut très tôt repéré en Allemagne, soit pour des méfaits, soit pour sa fréquentation de prêcheurs salafistes dont certains ont été depuis arrêtés. Il fut arrêté par trois fois et a fait l’objet de nombreux signalements. Facebook a censuré sa page mais autorisé une autre page ‘’Anis Amri – Terrorist’’. Il était recherché à Berlin depuis qu’un signalement daté du 14 mars le situait dans la capitale allemande. Il fut décrit se livrant à de la revente de drogues. Sa dernière interpellation remonte au mois d’août : il avait été contrôlé à Ludwigsburg en possession de faux documents italiens. Son périple illustre la mauvaise coordination des services de police en Allemagne et au-delà, en Europe.

Légèrement blessé ?

Il semble que le conducteur polonais qu’il a exécuté aurait pu le frapper. Pas au point de le faire saigner (aucune trace de son sang n’a été détectée) mais la police allemande envisage qu’il soit légèrement blessé ou meurtri. Ce qui semble plausible, c’est qu’il puisse bénéficier de caches de repli, en Allemagne, en Belgique ou en d’autres pays.

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La presse a commencé à diffuser quelques noms de victimes dont ceux d’une Italienne de 31 ans, et d’une Israélienne. Parmi les blessées, la Basque espagnole Iñaki Ellakuria a donné de ses nouvelles sur Facebook. Elle était en Allemagne au titre du programme universitaire Erasmus. Du fait de ses sympathies indépendantistes, elle a été violemment critiquée en Espagne, ses détracteurs comparant les actes de l’ETA à ceux des djihadistes. Il est présumé que parmi les 12 morts (chauffeur polonais inclus), près de la moitié sont des ressortissants étrangers, résidents permanents ou non, ou touristes. Frapper de telles cibles garantit de plus fortes répercussions médiatiques hors du pays visé, et à défaut de ralentir les assauts contre le califat, permet, selon Daesh, d’exacerber les sentiments antimusulmans et ainsi, pensent les djihadistes, de mieux recruter de ce fait. #Attentat de Berlin