Rome : le non gagne au #Référendum sur la Constitution italienne proposé par le Gouvernement #Renzi. 70 ans après le référendum Monarchie-République de 1946, la République a gagné de nouveau en Italie. Avec un plébiscite, car les résultats illustrent une affluence d'électeurs à hauteur de 68,48%. Conscient du fait que les Italiens ont également voté contre son gouvernement, le Premier Ministre Renzi assume ses responsabilités et annonce sa démission dès aujourd'hui "J'ai échoué. Je voulais réduire le nombre de fauteuils et c'est le mien qui a sauté".

Référendum : une participation massive

L'amour pour leur pays a poussé nos voisins à examiner de près les articles de la réforme constitutionnelle proposée par Renzi et à se déplacer en masse pour exprimer leur désaccord.

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Après les Anglais avec le Brexit et les Américains avec Trump, les Italiens ont créé la surprise avec un rejet massif. L'objectif déclaré de la réforme était de réduire les pouvoirs du Sénat et son nombre d’élus afin de "rendre le pays plus gouvernable". Mais les Italiens l'ont perçu comme une intention, de la part d'un Renzi jugé décevant, de les priver du pouvoir de s'exprimer par l'élection des sénateurs. Sur les réseaux sociaux, les Italiens font état de chômage, d'austérité, de banques renflouées avec l'argent du peuple, de situation déficitaire, de destruction des acquis sociaux et de suivisme :

"Renzi a alimenté une guerre entre pauvres dans chaque catégorie de travailleurs et avec ce référendum il a brisé encore plus le pays. Nous avons en Italie une crise économique épouvantable, avec peu de riches et une majorité de personnes, l'ancienne classe moyenne - professionnels, architectes, enseignants, avocats - qui ont des difficultés à joindre les deux bouts".

"Encore un type de gauche, qui fait une politique de droite parce que l'UE ne lui laisse pas le choix, et qui dégage".

"Cette fois-ci, les Italiens sont allés lire ce qu'était vraiment cette réforme. Les articles proposés étaient hallucinants. Il faut rappeler qu'après l'abolition des provinces, les conseillers s'entre-tuent pour une place. Au moins on va pouvoir continuer à choisir les sénateurs".

"Le très fort quorum de participation des Italiens doit pousser les hommes politiques dépourvus de scrupules à pratiquer enfin un examen de conscience. C'est une belle leçon pour tous ceux qui voudront tenter de se lancer sur la voie des dérives autoritaires. Ce référendum rappellera à tous ceux qui ne vont pas voter ou qui s'abstiennent qu'il faut choisir une position. Nous voulons des changements sérieux, profonds et unanimes. Il faut maintenant oeuvrer tous ensemble pour notre pays, pour nos enfants et pas seulement pour nous-mêmes. Avec altruisme, prévoyance et honnêteté".

"Si les chefs des différents partis mettaient de côté l'arrogance indécente dont ils ont fait preuve jusqu'ici, s'ils apprenaient enfin à ne pas ignorer les messages de leurs électeurs et assimilaient la merveilleuse, grande leçon de civisme et de démocratie que le peuple vient de leur administrer, nous pourrions enfin nous rapprocher de l'aube d'une nouvelle et meilleure histoire pour l'Italie".

Référendum : et maintenant, après Renzi ?

La démission du Premier Ministre pourrait pousser le Président de la République à convoquer de nouvelles élections ou à mettre en place l'énième gouvernement technique.

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Craignant de revivre l'expérience du Gouvernement Monti, ne voulant pas attendre 18 mois pour pouvoir voter à nouveau, les Italiens aimeraient choisir de suite leur nouveau gouvernement. Choix difficile, car ils devront opter soit pour le Mouvement 5 Etoiles, vraisemblablement pas prêt, soit pour d'autres partis qui, de fait, opéreraient comme le gouvernement à peine rejeté. L'Italie réclame que tous les partis politiques se remettent en discussion et présentent enfin des personnes valides, honnêtes et fiables, capables de prendre les rênes de ce début d'une nouvelle ère politique italienne plus mûre, de la cultiver et de la faire grandir.