Mark Zuckerberg est décidément prêt à tout pour rivaliser avec ses concurrents de la Silicon Valley. Son dernier projet en date ? Faire surgir de terre une ville expressément créée pour y héberger ses quelques 10.000 employés. Le patron de #Facebook a déjà tout prévu : un terrain de 22 hectares a récemment été acheté pour agrandir la superficie des bureaux de l’entreprise et allouer de nombreux nouveaux services aux employés. Mais pourquoi s’arrêter là ? Dans une pure folie des grandeurs, Zuckerberg devrait donc acquérir un terrain adjacent de 60 hectares pour y construire Zee Town, surnom déjà donné à cette ville facebookienne en rendant hommage à son créateur.

Et le budget alloué à ce projet phénoménal a de quoi faire tourner les têtes : 200 milliards seront dépensés pour créer cette petite ville où il fera bon vivre, et imaginée par l’un des meilleurs architectes au monde, Frank Gehry, créateur du Guggenheim de Bilbao et de la fondation Louis Vuitton de Paris. Un travail colossal l’attend déjà : outre les quartiers résidentiels classiques, Zuckerberg souhaite la mise en place d’un système de sécurité renforcé, et de tout un ensemble de magasins, supermarchés et moyens de locomotion alternatifs à la voiture pour amener tous ces fidèles employés de leur lit à leur bureau tout en pensant Facebook.

Le temps des corons

Si le projet est en soi une bonne idée (qui ne rêverait pas d’habiter une villa cossue à côté de son collègue préféré dans un cadre idéalisé où des arbres pousseront même sur les toits ?), les critiques commencent néanmoins à pleuvoir depuis son annonce. Certains pointent du doigt une nouvelle poussée dans la mégalomanie de Mark Zuckerberg, déjà souvent critiqué pour sa culture d’entreprise poussée à l’excès. Les services octroyés à ses employés, et cela va de même pour toutes les grandes entreprises de la Silicon Valley comme Google, sont nombreux : crèches à disposition, restauration gratuite et saine, espaces détente et même… l’opportunité pour ces dames de congeler leurs ovocytes pour rester le plus longtemps possible concentrées sur le travail.

Manger, respirer, se relaxer, et maintenant vivre Facebook… La boucle est bouclée, et le projet pourrait permettre à Zuckerberg de faire un fameux pied de nez à Google, une guerre sans répit sévissant depuis plusieurs années entre eux pour voler l'un à l'autre les meilleurs informaticiens et ingénieurs de Palo Alto.

Mais surtout, c’est l’image d’une ville créée par un patron pour ses employés qui a de quoi faire bondir. On peut en effet comparer ce projet aux nombreuses villes construites pour loger des employés d’une entreprise en Europe, au XIXème et XXème siècles. Ainsi, le destin de Clermont-Ferrand a longtemps été lié à Michelin, les Schneider ont aidé à la construction de Creusot, et on peut encore citer l’exemple de Port Sunlight au Royaume-Uni, créé pour loger les employés de la marque de lessive Lever Brothers. Zee-Town ne serait-elle au final que des corons hauts de gamme, voire des fermes soviétiques de luxe ? L’avenir nous le dira !