Au Kazakhstan, depuis début mai, les antilopes Saïgas meurent par dizaines de milliers. On dénombre pour l'instant près de 120.000 Saïgas décédés. Il s s'agit de nouveaux nés, d'adultes, de femelles, de mâles. L'épidémie ne semble épargner aucune catégorie.

C'est plus de la moitié des 200.000 Saïgas du pays (sur 250.000 au total dans la région) qui ont disparu. Si l'hécatombe a déjà décimé par le passé les rangs de cet animal au faciès étrange et classé en voie d'extinction, le nombre de cadavres pulvérise cette année le record précédemment atteint de 100.000 bêtes en 1984.

Il semble après analyses que les bactéries Pasteurella et Clostridium soient à l'origine du phénomène. Pour autant ces bactéries, présentes naturellement dans le nez et la bouche des antilopes, ne peuvent les infecter qu'en cas de déficience du système immunitaire, dont l'origine elle n'est pas déterminée. Par ailleurs, bien que cette antilope soit en voie de disparition et que les hécatombes se produisent depuis 1984 avec une fréquence d'apparition (1984, 2010, 2011, 2015), un nombre d'#Animaux perdus et une puissance de la contagion (des troupeaux entiers meurent) allant en augmentant, aucune autre piste ne semble, depuis 30 ans, avoir été envisagée.

Ainsi, quid des analyses du sol ou de l'air ; des retombées acides dues à la pollution, des pesticides, de la radioactivité (le réacteur de Tchernobyl est mis en fonctionnement en 1983 sans enceinte de confinement et sans que toutes les vérifications d'usages aient été conduites...), rien n'indique à ce jour qu'ils n'aient été testés.

Les experts, dont Bradnee Chambers, secrétaire exécutif de la convention de conservation des espèces migratrices (CMS), se veulent pourtant rassurant sur ce drame dont ils sont incapables d'expliquer l'origine et pour lequel en trente ans, très peu d'analyse ont été conduites, car les capacités de reproduction de l'animal sont importantes et il n'est pas rare de voir des portées de jumeaux. De plus grâce au programme de protection de l'animal mis en place depuis 1990 les effectifs sont passés de 50.000 animaux à près de 250.000. Ou plus précisément 130.000 maintenant (pour 1.000.000 en 1975)

Aussi si rien n'est perdu, il est peut-être temps de prendre le problème de ces hécatombes aux sérieux. Cet animal présent sur terre depuis la dernière période glaciaire mérite sans doute un peu d'égard.
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