Les lecteurs de plusieurs quotidiens du Nord de la France ont appris que la maison hantée de Villeneuve d'Ascq, une ville située à quelques kilomètres de Lille, a été détruite ce lundi par des pelleteuses, dans la plus grande discrétion

Des bruits de pas, des rires et des pleurs d'enfant

Construite en 1939, cette impressionnante bâtisse a toujours fasciné les nombreux amateurs et passionnés de phénomènes paranormaux. La légende veut qu'un enfant de 5 ans y serait décédé dans des conditions très mystérieuses. On raconte que la plupart de ses occupants ont connu d'importants désagréments et ont été victimes de manifestations surnaturelles plus que terrifiantes, comme des bruits de pas ou des rires et des pleurs d'enfant.

Les propriétaires et les locataires successifs auraient tous quitté les lieux précipitamment. L'un d'entre eux - voire même plusieurs selon les versions - se serait même pendu dans la pièce ou le garçonnet aurait trouvé la mort. La demeure est restée inoccupée pendant de très nombreuses années.

Appelée également « la maison hantée de Hem », elle était connue dans toute la France. Sa réputation sulfureuse s'étendait même bien au-delà les frontières de l'Hexagone, y compris outre-Atlantique. Elle attirait de très nombreux curieux en quête de sensations fortes et de frissons, surtout la nuit tombée.

Rachetée par une congrégation religieuse

En 2006, la demeure a été vendue à une congrégation religieuse protestante et elle est devenue, après de nombreux travaux de rénovation, un temple évangélique d'expression africaine en 2008. A l'époque de son acquisition, le pasteur Emmanuel Kamondji, son dirigeant, évoquait des « rumeurs » mais - détail assez surprenant - précisait malgré tout : « Nous sommes quand même des croyants. Nous prions Dieu et par sa grâce et sa force, nous pouvons arriver à vaincre les puissances du mal, s'il y en avait dans la maison. » Pour rassurer ses fidèles plutôt terrifiés, il a procédé à un exorcisme.

En décembre dernier, la maison hantée de Villeneuve d'Ascq était ravagée par un incendie d'origine criminelle. Deux jeunes frères, âgés de 18 et 26 ans, ont été rapidement arrêtés par la police. Ils ont reconnu les faits et ont été condamnés à des peines de dix mois de prison ferme. A l'issue du procès, le pasteur Emmanuel Kamondji a tenu à signaler que « ni la chaire pastorale, ni la bible et la croix qui la surplombe n'avaient brûlé », précisant que « ça a toujours été la maison bénie. »

Le pasteur Emmanuel Kamondji, qui a assisté à la destruction en évitant soigneusement de l'ébruiter, espère « qu'avec la fin de la maison, ce sera l'extinction de la rumeur. » Rien n'est moins certain... #Fait divers