Un "détail" monté en épingle par les républicains handicapait la candidature d’Hillary Clinton : alors ministre des Affaires étrangères, elle se servait de sa boîte à lettre électronique professionnelle pour communiquer sur un peu tout et n’importe quoi, sans tenir compte des consignes de sécurité. Le FBI a été chargé d’une enquête, et a déclaré que l’ex-Secrétaire d’État s’était montrée "extrêmement désinvolte", mais a estimé qu’il n’y avait pas matière à poursuite.

 

Depuis, il est fortement présumé que les courriels ayant transité par les serveurs du Comité national démocrate aient été piratés… par les services russes. La candidate a d’ailleurs déclaré avoir supprimé près de 33 000 courriels car ils contenaient des informations très personnelles, notamment d’ordre familial, citant en exemple des conversations relatives au mariage de sa fille Chelsea…

 

Il n’en fallait pas moins à Donald Trump pour lancer, en pleine conférence de presse à Doral (Floride), qu’il souhaitait que les Russes aient pu accéder aussi à ces 33 000 courriels. "Eh, la Russie, si vous m’entendez, j’espère que vous êtes capables de retrouver ces 30 000 courriels manquants", a-t-il claironné.

 

Dans tous les cas de figure, que ce soit en campagne électorale ou en d’autres périodes, vous n’évoquez jamais une brèche dans la sécurité des États-Unis de la sorte. C’est un no-no impératif dont Trump, pour se gausser de Clinton, s’est affranchi.

 

Son vice-président pressenti en cas de victoire, le gouverneur de l’Indiana Mike Spence, a aussitôt divulgué un communiqué pour prendre ses distances : "S’il s’agit de la Russie, et qu’elle interfère dans nos élections, je peux assurer que nos deux partis et le gouvernement des États-Unis feront en sorte qu’il y aient des conséquences sérieuses". En clair : on ne badine pas avec la sécurité des États-Unis d’Amérique ! Cela n’empêcha pas du tout Trump de persévérer (diaboliquement ?) en réitérant sa déclaration dans un tweet ultérieur.

 

Cette nouvelle gaffe succède à d’autres déclarations du candidat républicain relatives à la Russie. Il promet un rapprochement avec Poutine, une concertation plus poussée sur le plan militaire en Syrie pour lutter contre le califat islamique, Daesh… Mais hier, mardi, encore il assurait qu’il ne pensait pas que Vladimir Poutine – en dépit de diverses déclarations de ce dernier – puisse chercher à favoriser son élection. Ce serait, disait Trump, "l’une des théories complotistes des plus étranges". Puis, dès ce mercredi, il laisse entendre qu’il se verrait bien communiquer les courriels de son opposante ; certes sur le ton de la plaisanterie, mais néanmoins sous la forme d’un réel appel du pied à Vladimir Poutine.

 

Mais pour ses partisans, très mobilisés, désormais Trump peut déclarer tout et son contraire sans que cela porte à conséquences… Il n’en est pas tout à fait de même dans l’appareil républicain dont certains membres s’abstiennent de le soutenir ouvertement, et s’inquiètent vraiment de ses vues en matière de politique étrangère (son isolationnisme endommagerait les relations avec l’Union européenne, en particulier les Pays Baltes, la Pologne, et bien sûr l’Ukraine). Mais l’électorat de base n’en a cure et pour le moment, occuper les médias par tous les moyens a plutôt réussi à Donald Trump… #Élections #Etats-Unis