Sur le site de la fabrique japonaise de poupées Trottla figurent deux types d’images. Celles qui seraient abusivement reproduites, montrant des poupées pré-pubères de divers âges révélant des formes très féminines et prenant des poses suggestives, et les autres, à peine plus pudiques… Dans le second cas, les mises en scènes sont plus anodines, les poitrines ou pubis mieux dissimulés. Il faut dire que leur créateur, Shin Takagi, a vu leur importation interdite dans les deux Corées, la Chine, Israël, tout le Moyen-Orient (hors Koweit), et que les poupées ne passent que très rarement les locaux des douanes australiennes. Ces poupées aux anatomies très réalistes sont réalisées dans les mêmes matières que celles destinées aux sex-shops et présumées représenter des majeures.

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Les âges vraisemblables des modèles vont de cinq-six ans à douze-treize ans. La clientèle ? Pas vraiment des marques ou magasins de vêtements pour enfants ou juniors… Shin Takagi se dit artiste et ne cache pas son attirance pour les fillettes. Selon lui, adopter l’une de ses créations peut dissuader des pédophiles de passer à l’acte ou d’enfreindre diverses législations sur la détention d’images d'enfants à caractère sexuel.

 

Dissuasives ou non ?

Dans un long entretien au magazine nord-américain The Atlantic, Shin Takagi admet qu’il fait partie des pédophiles et fétichistes qui restent "dans les clous" et n’enfreignent pas les lois. Il suggère que ses poupées seraient une bonne alternative aux approches psychiatriques existantes. Pour des spécialistes, elles peuvent au contraire renforcer l’attraction sexuelle et pousser à l’acte… Pour d'autres et l'une des deux catégories de pédophiles, l’argument serait recevable.

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Au #Japon, où les mangas et leur univers (tenues de collégiennes, de fées, parures diverses) est très prégnant, le doki-doki (mignon-mignon) est parfois… limite : nombre de personnages sont des jeunes filles dont les aventures sentimentales sont poussées fort loin (s'il ne s’agit pas de pure et simple pornographie avec scènes de pénétrations, hétérosexuelles ou saphiques). Or, alors que la diffusion de ces mangas est devenue mondiale, les cas d’agressions (ou tentatives, en liant des relations avec des mineurs) pédophiles ne se sont pas démultipliés. Meilleure attention, détection (passant par l’incitation à contacter de prétendus mineurs, en fait des policiers ou des militants associatifs), et une beaucoup plus forte popularisation qu’au temps des "ballets bleus" et "roses" (termes apparus en 1959 lors de scandales impliquant des parlementaires), ont renforcé la vigilance.

 

Se méfier des imitations ?

Selon Shin Takagi, des hommes ou des femmes en mal d’enfant s’occuperaient aussi sereinement de ses poupées.

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"C’est pourquoi je ne me fais jamais prendre en photo, expliqua-t-il, car ils en viennent à considérer mes poupées comme leurs propres filles". Incestueuses peut-être ? La question ne fut posée. Les saisies australiennes se montent déjà à 18 depuis 2013. Mais d’autres envois ont dû être acheminés. Il s’agit de mesures conservatoires, les dispositions légales restant sujettes à interprétation.

 

Trottla ne vend qu’en direct, mais la fabrique a pu être imitée par d’autres. Des photos des créations originales auraient été reproduites sur d’autres sites promettant d’expédier des poupées similaires. Les poupées originales sont vendues environ 7 000 euros plus port (modèle complet, auquel peut s’ajouter perruque supplémentaire, autres vêtements, accessoires…). Le site mentionne que les poupées ne sont pas un "jouet sexuel". On peut s’y tromper. Autre avertissement : "ne les emportez pas lors de voyages à l’étranger". Douaniers et policiers pourraient se méprendre. Sur les 13 modèles produits, quatre sont fortement occidentalisés (dont trois aux yeux bleus). Les tailles s’échelonnent d’un mètre à 1,40 m. Selon le Sydney Morning Herald, une pétition internationale en ligne ayant dépassé 60 000 signatures vise spécifiquement l’atelier Trottla… #pédophilie #poupée