La plainte de Jaime Martinez Veloz vs Donald John Trump a été déposée au Federal (au #Mexique) et communiquée au maire de Tijuana, Jorge Astiazaran Orci pour le prier de témoigner. Elle dénonce une #fraude fiscale au détriment du fisc mexicain portant sur un vaste projet immobilier avorté sur les plages de la Punta Bandera de Tijuana (Baja California). Il s’agissait d’ériger trois tours de 25 étages accommodant 256 appartements privés ou chambres et suites hôtelières et tout ce qui peut agrémenter un tel ensemble. La famille Trump s’était déjà associée avec la firme Irongate, de Los Angeles, et elle allait le rester pour ouvrir le Trump Intl Hotel d’Honolulu ou Waikiki Hotel en nov. 2009. Ce Trump Ocean Resort des plages de Tijuana, encore sur le papier, fut lancé par les Trump en 2006. Mais ils lâchèrent cette fois Irongate fin 2008. Les panneaux publicitaires furent retirés, le terrain resta en friche. Mais les Trump et Irongate avaient empochés de 200 000 USD à plus du double ou du quadruple par appartement prévendu sur plan (avec des acomptes du cinquième du prix pour un total de 32 millions d’USD). The Donald, son Donald Jr de fils et Ivanka Trump ont comparu devant un tribunal californien en 2009, alléguant qu’ils n’étaient que des prête-noms, des porte-paroles d’Irongate. Ils furent condamnés et finirent par trouver une transaction convenant aux parties fin 2013 pour un montant resté confidentiel. Sur la route Tijuana-Ensenada, très fréquentée par les étudiants américains en goguette mais aussi leurs parents et d’innombrables touristes, se dressait un immense panneau laissant clairement entendre que #Donald Trump était l’initiateur et responsable du projet. Ivanka figurait aussi avec son père sur des vidéos promotionnelles et assurait avoir elle-même acquis un appartement. Le resort devait être le nouveau Los Cabos, du nom d’une autre destination prisée au sud du même État mexicain. Des investisseurs mexicains en ont aussi été de leur poche et donc, le fisc mexicain… D’autant que les Trump et Irongate étaient associés à PB Impulsores. L’affaire était connue, elle rebondit donc à huit jours de l’élection américaine…

Trump, très célèbre à Tijuana

Ville frontalière, Tijuana s’étend largement de l’océan jusqu’à loin le long de la rectiligne frontière et vit notamment du tourisme américain et international. Trump y est partout en fresques, souvent injurieuses, et en une multitude de produits artisanaux (poupées en papier, par ex.) ou industriels (vêtements à son effigie, mais le conspuant). Ses caricatures ornent les murs des bars, de centres culturels, &c. Ses attaques verbales contre les Mexicains, Mojados (clandestins) ou non, lui valent une forte inimitié. Ces murales ajoutent désormais à l’attrait touristique de la ville. Cette plainte, qui s’appuie sur 17 éléments de preuve, a donné l’occasion à la presse nord-américaine de s’y intéresser. Au Mexique, Trump est aussi devenu un argument publicitaire ; AeroMexico s’est emparé de son « bad hombres » (mauvais hommes, pour qualifier les Mexicains) et de son lapsus « bigly » pour des annonces vantant les tarifs de la compagnie « save bigly with the bad hombres ». Côté américain, les latinos manifestent devant les hôtels Trump et les sportifs mexicains des clubs américains refusent de les fréquenter. Trump vient d’inaugurer, dans l’ex-bâtiment de la poste de Washington D.C., un nouvel hôtel de luxe, boudé. Une agence de voyage a constaté près de 60% de baisse de réservation dans les hôtels Trump. Et des produits de la famille Trump (comme ceux d’Ivanka) sont retirés des rayons… Il remonte peut-être dans les sondages, mais ses principaux clients luxe et lifestyle votent contre lui avec leur portefeuille… Si Hillary Clinton est embarrassée par l'histoire de ses courriels, Trump a d'autres soucis d'inquiétude.