La position ferme de la Wallonie face à l'Union européenne, concernant le CETA, a valu à ses dirigeants de nombreuses critiques mais aussi de nombreuses louanges. Mardi, Libération mettait en une un grand "Vive la Wallonix !". Quelques jours avant, Natacha Polony suppliait les Wallons de prêter son Ministre-Président à la #France pour la prochaine présidentielle. Une part de la population anti-CETA ou eurosceptique regarde à présent la #Belgique francophone différemment. Une pétition a même été lancée, demandant le rattachement de la France à la Wallonie. Certes, ce genre de pétition loufoque n'a aucune chance d'aboutir mais imaginons… Nous sommes le 1er janvier 2017 et la France est officiellement rattachée à la Wallonie et de facto à la Belgique. Qu'est-ce qui changera ?

La plus grande division de la Wallonie étant la province, la France deviendra donc la 6e province wallonne avec pour chef-lieu : Paris. En toute logique, François Hollande sera désigné "gouverneur" de la nouvelle province jusqu'à sa retraite. Il prêtera donc serment devant le Ministre-Président wallon et jurera fidélité au Roi. Le gouvernement français deviendra le collège provincial. Cependant, il n'y a pas de place pour Manuel Valls, qui devra se recaser ailleurs. La France intégrera donc une région dirigée par les socialistes (elle a l'habitude) et par les démocrates-humanistes. Ces derniers sont intégrés au même groupe que Les Républicains au Parlement européen. Cela devrait réjouir tant la droite que la gauche. Le MoDem, lui, sera encore plus heureux : le Premier Ministre belge fait partie du même parti européen.

Élections en Wallonie

Vu la nouvelle organisation, les élections présidentielles seront purement et simplement supprimées, tout comme bien sûr les différentes primaires. Que les multiples candidats se rassurent, ils pourront se présenter aux prochaines élections fédérales et régionales en 2019. Ils pourront rêver de devenir Premier Ministre belge, Ministre-Président wallon ou Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles (en charge de la culture, de l'enseignement…). Chef de l'État ? Ah non, ça, c'est réservé aux "de Belgique". Trois postes de chef de gouvernement donc. De quoi satisfaire à la fois Manuel Valls, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Et Marine Le Pen ? Peu de chance ! En Belgique, les sièges des assemblées sont répartis à la proportionnelle. L'extrême droite sera donc représentée mais pour gouverner, elle devra former une coalition. Or, un cordon sanitaire entoure l'extrême droite, rendant impossible toute coalition avec le FN ou le Vlaams Belang. De plus, les médias francophones belges ne diffusent aucune interview de personnalités politiques d'extrême-droite.

Nouvelles réalités wallones

Bien sûr les 78 millions de Belges devront s'adapter aux nouvelles réalités. Oublier l'expression "le plat pays" pour désigner la Belgique ! On pourra désormais aussi voir la Méditerranée depuis la Côte belge. Les Français, eux, devront s'habituer à se marier devant "Monsieur le Bourgmestre" et plus devant "Monsieur le Maire". Et puis, ils devront oublier La Marseillaise et apprendre La Brabançonne. Certes, ce ne sera pas le plus difficile : pour des raisons linguistiques, elle est rarement chantée. La plupart des Belges ne connaissent que six mots : "le roi, la loi, la liberté". Encore faut-il savoir quand les chanter… Ah oui, et inutile d'ajouter des "une fois" en fin de phrase, il n'y a que les Français croyant imiter les Belges qui le font. #Politique