Pour un centre hospitalier, toute première est une grande aventure. Chaque acte chirurgical sinon banal aujourd'hui, du moins quotidien, a été effectué un jour pour la première fois. Ce fut le cas pour tous types d’interventions, dont certaines spectaculaires comme les greffes du cœur, des mains, du visage… Au centre hospitalier de Givors (69), la surprise fut de taille, le 18 avril 2014.

10 heures, c’est l’heure indiquée sur l’extrait de naissance. Taille : 1,70 m, poids : 78 kg. C’est la star, ce jour-là. Une de plus pour la commune qui a déjà enfanté de Djamel Bouras, champion olympique de judo à Atlanta, en 1996, Sylvain Marconnet, jeune retraité du XV de France de rugby, recordman français des sélections comme piler, #Anthony Lopes, l’actuel gardien de but de l’Olympique lyonnais pour n’en citer que quelques-uns. Entre-eux et Givordino, puisqu’il s’agit de lui, la différence est, là aussi, de taille. Les sportifs ont dû des années durant s’entraîner dur sur les pelouses ou autres tatamis de la commune avant d’être reconnus et de devenir, pour les trois, parmi les meilleurs de leur discipline. Givordino, lui, a été fêté dès sa naissance. Une abeille, comme sortie du blason de la ville, qui en compte trois. Sauf que celle-ci fit son effet, entourée à la maternité du centre hospitalier par son directeur, le personnel soignant et même le maire, Martial Passi. La presse locale, et un peu plus, ne s’y trompèrent pas : le phénomène était, pour le moins rare. Aucun toubib ne voulut se prononcer sur les mystères de cet accouchement, écoutant juste les parents de Givordino qui avaient fait le long déplacement depuis Rio de Janeiro pour éviter à leur « petit » de naître dans une favela. A peine la naissance enregistrée le « couple » reprit son vol pour le Brésil.

Un baptême oecuménique pour la mascotte

Née de l’imagination de « vrais » Givordins, et dans un cadre associatif, Givordino a depuis trouvé sa voix : divertir les enfants et, curieusement, au moins autant les parents. Un jour juché sur une échelle de pompiers, s’envolant sous une grue dans une toute petite nacelle, aidant les gendarmes… à étalonner leur radar, combattant contre une championne du monde de judo, butinant les cerisiers de sa famille d’adoption, Givordino s’est imposé comme mascotte, non pas de la ville mais de ses habitants. Cet été, il s’est aventuré hors-département n’étant pas passé inaperçu dans la Haute-Loire et en Ardèche.

Après la naissance en grandes pompes, l’association Sud 69 travaille aujourd’hui sur la célébration de son baptême. Brésilien, il est plus que logique de donner à cette abeille-mâle la religion catholique. Le choix de la date sera connu assez rapidement mais les modalités sont fixées. La cérémonie sera oecuménique avec les obédiences représentées dans la commune. Ainsi, musulmans, protestants, juifs…seront bien présents. Outre l’aspect folklorique de l’initiative, tant avec les enfants qu’avec les diverses religions, il s’agit avant tout de fédérer les habitants. Avec le plus rassembleur d’entre tous. Seul domaine formellement interdit à Givordino : la politique. Histoire de ne pas le voir piquer les uns ou les autres sans avoir de bases solides ! A peine baptisé, il aura droit de s’assoir pour profiter d’une messe Gospel d’ores et déjà décidée. En fait, ce jour-là,  Givordino ne fera rien… Et, pourtant, tout le monde sera content. #Mascotte vivante #Oecuménisme