C’était déjà une célébrité car elle avait participé à l’émission Naked and Afraid (Nue et effrayée mais Les Boules et les Chocottes pour Discovery France, qui rivalise en délicatesse), très populaire aux États-Unis. Elle surfait les plus hautes vagues d’Hawaii ou elle réside – et d’ailleurs – et a déjà quelques trophées sportifs à son actif. Mais elle surtout surnommée (par Time Magazine) « l’Indiana Jones féminine » ou « L’Oprah de l’aventure » (par le Huffington Post) pour son goût de l’extrême, des expéditions insolites, dont elle sait parfaitement exploiter les retombées médiatiques. Elle a ramé sur sa planche alors que le volcan Kilauea d’Hawaïi déversait sa lave dans l’océan au risque de ramener de très vilaines brûlures. Mais pour préparer Halloween, elle s’est offert une exploration d’exception : les Catacombes de Paris, en tout petit bikini, la nuit du 13 au 14 derniers, en se munissant de sa célèbre planche de surf rose. Franchement, cela se justifie : de nombreux passages sont presque totalement immergés dans le gigantesque labyrinthe des #Catacombes parisiennes. Mais une combinaison à peu près étanche et conservant la chaleur corporelle ne l’aurait sans pas vraiment gênée aux entournures… Si elle n’a sûrement pas froid aux yeux, elle a dû ressentir la chair de poule des ongles des orteils aux cils, même si, sous terre, à 150 m de profondeur, la température est légèrement plus élevée (14° C) qu’au niveau du Lion de Belfort, du sculpteur Bartholdi (celui de la place Denfert-Rochereau, proche de l’entrée officielle des Catacombes). Évidemment, ce fut une visite clandestine…

Des catacombes très fréquentées

Régulièrement, des livres ou albums photographiques paraissent sur les Catacombes. Dernier à me revenir en mémoire, celui de Caroline Archer, Paris Underground. Caroline, qui fut ma préfacière, s’intéressait aux inscriptions diverses, à leur calligraphie. #Alison Teal sait plutôt faire s’intéresser à sa silhouette, car elle fut bien sûr filmée lors de ce souterrain périple. Mais ne minimisons pas ce qui constitue un exploit, dangereux de surcroît : de petits éboulements sont toujours à redouter… Et puis, certains passages sont propres à vous provoquer une entorse car il faut par exemple marcher sur des centaines de fémurs jonchant le sol. Même les plus aguerris des visiteurs clandestins ne s’aventurent ainsi sans casque ni bottes, voire cuissardes. Certains passages sont aussi très pauvres en oxygène mais riches en autres gaz… Et puis, surtout, même par temps relativement sec, l’eau peut monter (une vanne lointaine peut s’ouvrir automatiquement et faire vite grimper le niveau). La dernière victime des Catacombes, en septembre dernier, fut un visiteur clandestin décédé des suites d’une crise cardiaque. Il y a eu déjà de nombreux blessés, d’encore plus nombreux égarés (300 km de galeries), et de multiples victimes de leptospirose (une maladie infectieuse due aux urines des rongeurs, qui peut provoquer insuffisance rénale voire être létale), d’hépatites, du tétanos. Les cataphiles (visiteurs clandestins) amateurs s’exposent aussi à respirer de l’hydrogène sulfuré, du méthane, &c. En fait, Alison s’est longuement préparée en compagnie de cataphiles très expérimentés qui avaient reconnu son parcours (et qui peut-être ont su éviter les cataflics : il existe une unité spécialisée de la police se livrant à des inspections impromptues). Alison Teal n’a pas encore consigné cette expédition ni sur son site, ni sur son blogue-notes, la réservant à quelques magazines pour le moment. Mais cela ne saurait tarder. Indiana Jane, revenue d’outre-tombe, saura faire sa propre promotion. #Surf