Le florilège des insultes du candidat républicain Donald Trump (et menaces physiques) à l'encontre de tant et tant d'adversaires, de personnalités, d'anonymes, de groupes ethniques et sociaux, &c., ne va pas s'élargir, puisqu'il n'est plus candidat, mais un très convenu (si ce n'est convenable) futur président. La liste couvrirait plusieurs pages, mais tout cela, c'est du passé. Voici qu'à présent, The Donald exige des excuses de la troupe de la comédie musicale Hamilton, à l'égard du futur vice-président, #Mike Pence, hué lors d'une représentation à Broadway, et interpellé par les actrices et acteurs. Hamilton, qui évoque Alexander Hamilton, l'un des héros de la révolution étasunienne, met en scène l'ex-président Aaron Burr, interprété par Brandon Victor Dixon. Lequel s'est adressé à Mike Pence en ces termes : ''nous sommes l'Amérique de la diversité qui a peur que votre prochaine administration ne nous protège pas, nous, notre planète, nos enfants, nos parents''. Alors que #Donald Trump veut dénoncer l'accord de Paris sur le climat, que les républicains veulent annuler la décision d'Obama d'instaurer un moratoire sur l'exploration pétrolière en Arctique (qui a gagné, cet hiver, 20°C de plus que ses moyennes saisonnières), cela a provoqué des applaudissements mais aussi des huées visant largement davantage Mike Pence que Dixon.

Pourquoi des excuses ?

Donald Trump s'est fendu de deux tweets pour dire toute sa désapprobation de propos à des lieues et des coudées de ses vaticinations ordurières antérieures et faut-il croire, à présent révolues. D'abord pour dénoncer le harcèlement dont aurait été l'objet Mike Pence, ensuite pour exiger des excuses de la troupe. "Amérique de la diversité'' serait donc pour lui un propos déplacé, et faire état de craintes sans la moindre invective serait donc outrancier, déplacé, déplorable, pitoyable, lamentable ? Et pour s'épargner des poursuites, la troupe devrait transiger et verser des dommages et intérêts pour préjudice moral et pretium doloris au puritain vice-président, hostile au mariage pour tous, pro-armes, pro-saccage de l'environnement ? Donald Trump, qui risquait de se retrouver condamné en divers États pour escroquerie, a transigé avec les plaignants, ex-alumnii de ses cours et séminaires bidons de la Trump University. Il s'en tire avec 25 millions d'USD (de la poche de la Fondation Trump ?). C'est bien sûr parce qu'il n'avait pas de temps à perdre pour gagner ses multiples procès et qu'il doit se consacrer à ses nouvelles fonctions, s'est-il auto-félicité. Trump venait de confier publiquement qu'il s'abstiendrait désormais de s'exprimer fréquemment sur Twitter. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Et comme le personnage des Guignols de l'Info, c'est plus fort que lui (quant à s'excuser, il n'en est guère question de sa part). C'est à peine s'il s'est excusé d'avoir insulté #Hillary Clinton et il ne s'excusera pas de se laisser investir alors qu'en voix, son adversaire l'a très largement battu.