Ahurissant ? L’oasis de Sabha (Sebha), dans le Fezzan, à plus de 600 km de Tripoli, est peuplée d’environ 100 000 h, dont des membres des tribus Gaddadfa et Awlad Suleiman. Il semblerait que trois jeunes gens Gaddadfa aient lâché un ouistiti ou un petit singe apprivoisé sur les têtes d’écolières Awlad. Le singe en avait dévoilé une, provoquant l’accès de colère des témoins. C’était voici quatre jours et cela a immédiatement enflammé les esprits. Le singe a été promptement exécuté et les trois perpétrateurs présumés passés par les armes. La riposte n’a guère tardé et toute la ville, voire toute l’oasis est devenue, le jour suivant, le théâtre d’une vendetta s’amplifiant.

Chars, mortiers, kalachnikovs

Depuis cinq ans et l’exécution de Mouammar Kadhafi, la plupart des régions sont tenues par des milices armées, parfois antagonistes, et qui ont saisi du matériel lourd militaire. C’est ainsi que l’émeute a tourné au carnage, les uns et les autres faisant usage de véhicules blindés, d’artillerie légère, et de fusils d’assaut automatiques, tirant des salves et des rafales. Les hostilités se sont surtout concentrées dans le centre-ville, faisant, selon les dernières estimations recueillies par Reuters, au moins 16 morts et une cinquantaine de blessés, ainsi que des dégâts matériels. Les chefs tribaux ont tenté d’obtenir un cessez-le-feu au moins provisoire pour évacuer cadavres et blessés, mais en vain. Toutefois, 16 corps ont pu être acheminés au centre médical urbain. ‘’Les victimes sont aussi des femmes et des enfants ainsi que des étrangers provenant de pays d’Afrique sub-saharienne’’, car l’oasis est un centre de transit pour les migrants tentant de s’embarquer dans les ports du nord.

Les écoles restent fermées

Dès la nouvelle connue, le ministère de l'Éducation du Gouvernement d'accord national a fait fermer les écoles dépendant encore son autorité. Ce lundi, l'agence Libyan Express a fait état d'un cessez-le-feu effectif. L'agence fait elle état de 17 morts et d'une version sensiblement différente. Le singe se serait échappé de la boutique d'un commerçant Gaddadfa jeudi dernier. UPI dénombre non pas une cinquantaine, mais une soixantaine de blessés. La région est peu sûre et début novembre, deux Italiens et un Canadien, kidnappés le 19 septembre, ont été enfin relâchés. #Libye #Conflit armé #écolière