On a tous en tête cette publicité pour une marque de matelas dans laquelle les explications d’un scientifique font piquer du nez la demoiselle qui les écoute… C’est exactement le concept de Napflix, la « siesta video platform » gratuite lancée voici quelques jours par deux publicitaires de Barcelone, Victor Gutierrez de Tena et Francesc Bonet. Parmi les hypnotiques programmes de cette version lente et facétieuse du géant américain Netflix : deux heures de feu de cheminée, autant de la vie des pensionnaires d’un aquarium, l’intégrale du mariage de l’une des sœurs du roi d’#Espagne Felipe VI, une interminable partie d’échecs ou un cours de physique quantique.

L’idée, qui ressemblait au départ à une plaisanterie de collégiens, fait pourtant un sacré buzz puisque le site attire, depuis sa mise en ligne, à la mi-octobre, plusieurs milliers de visiteurs par jour, selon Victor Gutierrez, qui explique ainsi cet engouement : "Cela nous rappelle notre enfance, comme ces cours après le déjeuner et les séries télévisées après les repas, celles où tu pouvait t’endormir sans perdre le fil".

Napflix, l’éloge de la télévision lente

Napflix, qui revendique la diffusion de ce qu’#Internet en général, et YouTube en particulier, offrent de plus ennuyeux, semble bien être l’ultime avatar de la tendance slow TV (#Télévision lente), initiée par la chaîne publique norvégienne NRK. En 2009, cette dernière avait notamment proposé aux téléspectateurs un film de plus de sept heures, réalisé par une caméra fixée à l'avant d'un train, consacré au voyage organisé pour le centenaire de la ligne ferroviaire Oslo-Bergen. Le programme avait été suivi, au moins en partie, par plus d’un million de spectateurs. La plateforme ibérique n’en est pas encore là et si, pour l’heure, elle n’a rien coûté (ni rapporté) à ses concepteurs, elle pourrait pourtant, selon eux, s’insérer dans une sorte d’expérimentation publicitaire. Et servir de support à des professionnels afin, pourquoi pas, de relancer la traditionnelle sieste qui perd sans cesse du terrain dans un pays (l’Espagne) pourtant réputé être son berceau.