Je me souviens de soirées dans l’arrière-salle de la Boucherie humaine de Pleurs (Marne), chez le regretté sculpteur-plasticien-farceur Lucifugus Merklen (Jean-Luc Merklen, † 2002). Il y avait Frédéric (son vrai prénom), dit « Chouf », et quelques autres, comme l’écrivain Éric Poindron, et un futur confrère que je ne nommerai charitablement pas. Ce jeune homme m’enseigna l’allumage des pets, des flatulences, à la flamme d’un briquet. Étonnant, et même durable si votre réservoir stomato-abdominal contient assez de munitions (féculents et bulbes notamment – et je le soupçonne encore d’avoir garni en prévision son arsenal). Si vous ne me croyez, cherchez au sujet de Lucifugus d’une part, tentez l’expérience : c’est moins risqué que de cracher le feu pour un saltimbanque amateur. Aussi n’ai-je pas trop de mal à absorber ce fait-divers relaté par l’Asahi Shimbun, puis la presse anglophone australe. Une femme passe sur la table d’opération pour une intervention au col de l’utérus et, inconsciente, elle relâche un ou des gaz intestinaux. Son chirurgien ne s’en est pas grillé une près d’elle, mais a mis en marche un laser. Et l’improbable se produisit. La source ignée ne pouvait provenir que de la patiente, une trentenaire, selon le rapport d’incident du bloc Shinjuku du CHU de Tokyo ayant tardivement fuité (le terme s’impose) vers la presse nippone. Car le fait, enfin, le #pet, se serait produit le 15 avril dernier…

Doute du corps médical intl

L’affaire recommence à faire du bruit (bon, s’il s’agissait d’une vesse, par nature silencieuse, je retire le « re ») à l’international car le corps médical émet des doutes. Non, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) n’a pas été saisie du cas en séance plénière. Mais divers stomatologues, et autres praticiens, qui n’excluent pas la mise à feu, car nier que le méthane, et autres composants, ne puissent s’enflammer, les feraient passer pour de fieffés négationnistes, s’interrogent. Les interventions anales et colorectales à l’aide de lasers sont devenues fréquentes et ce serait la première fois qu’il faudrait envisager de modifier le protocole (pour en revenir aux purges et lavements préalables des médecins de Molière). Il faudrait que le colon empeste d’abondance pour envisager des brûlures d’une telle ampleur. La presse aurait-elle amplifié la portée de l’événement ? Les médialogues s’empareront-ils de la perception et réception de ce prout provoquant un tapage médiatique surgonflé ? La communauté scientifique s’interroge. Mais autant en faire un peu trop que pas assez… La confrérie journalistique se doit, car c’est un devoir, de mettre en garde son fidèle lectorat. Si vous le pouvez (les futurs graves accidentés pourraient d’ailleurs être porteurs de cartes signalant leur volonté en même temps que leur acception ou non de don posthume d’organes), prenez vos précautions. Pas d’ail, de fayots, de mogettes, de confit d’oignons, avant une intervention similaire au laser. Au besoin, avant anesthésie, contractez vos abdominaux (les carabins en ont entendu et humé d’autres en salle de garde). Non, ne nous remerciez pas, c’est tout naturel, notre ardente obligation est de vous informer des risques, si minimes soient-ils. Une fois endormi, il sera trop tard. La prévention s’impose. Et si nous ne vous donnions pas « le pet », nous serions gravement coupables. Nous irons plus loin : attendez-vous à savoir qu’une pétition sera bientôt lancée pour exiger que toutes les opérations présentant un tel risque soient filmées afin que les précautions s’imposant soient mises rigoureusement en œuvre ! On sait ce qu’un plan canicule 2003 coutât à des médecins et au ministre Jean-François Mattei. Madame Marisol Touraine, nous vous en conjurons, prenez les devants et ne prenez pas ce pet à la légère ! #ministère de la Santé #Médecine