Ne nous étendons pas sur les histoires de fesses des chiens : l’affaire est entendue, leurs glandes anales (ou sac anal), servent à marquer leur territoire et faire connaissance olfactive, en recueillant, croit-on, davantage d’indices ou informations que l’examen réciproque de leurs truffes, mufles, yeux ou oreilles… Mais quel rapport entre les Templiers et les chimpanzés ? Commençons par les Templiers qui furent, à tort ou raison, accusés de s’embrasser l’anus ou au moins les fesses, le fondement, les lombes, lors de rites d’initiation. Dans son Pendule de Foucault, #Umberto Eco revient plusieurs fois sur la présumée signification du rite, met en doute l’accusation, et finit par (ou feint de) l’admettre.

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C’est au chap. 82 : ‘’d’où l’insistance pleine de malice des inquisiteurs sur le mystérieux baiser in posteriori parte spine dorsi. Ils voulaient le secret de Kundalini.’’ Dans le yoga, la ‘’chakra racine’’ se situe vers le bas du sacrum (soit l’os sacré ou hierón ostéon grec) ‘’entre le sexe et l’anus’’. Ailleurs, ne me demandez pas où (Le Pendule atteint les 800 pages, ou davantage, selon éditions), le facétieux Eco imagine les Templiers en mal de la queue des origines simiesques des hommes, ce qui lui valut entre autres l’anathème des créationnistes, et peut-être – pour partie – sa mise à l’index par le Vatican. Qu’aurait inspiré à Umberto Eco l’article paru sur le site The Verge (consacré non à ce que vous pourriez penser, mais aux mutations technologiques) à propos de la très sérieuse étude issue de la revue scientifique PLoS One intitulée Getting to the Bottom of Face Processing (bottom a pour synonymes français fond ou postérieur) ? Qu’en se contemplant les fesses, les chimpanzés représentent, de ce point de vue du moins, une espèce plus évoluée que les humains ?

De la reconnaissance fessière

Digression : la reconnaissance biométrique fessière existe, vous la rencontrerez grâce à des chercheurs japonais et de centaines de capteurs sur les sièges des voitures.

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Taux de réussite : 98 %. Et figurez-vous que la détection du siège de la pudeur serait estimée moins intrusive que celle de l’iris ou de l’empreinte digitale. Et surtout, comme pour les chimpanzés, plus efficace. Car figurez-vous que les chimpanzés se dévisagent (expression ô combien impropre) par le fondement. Non point qu’ils s’accolent le postérieur, mais qu’ils se scrutent les fesses du regard. À l’inverse de l’homme. Un visage renversé (front en bas) est plus difficile à reconnaître par l’homme, pour un chimpanzé, l’image de fesses renversées, c’est idem. ‘’Les chimpanzés ont éprouvé plus de difficulté à relier les images de fesses quand elles étaient inversées’’. Culbutant, non ? C’est sans doute culturel et il m’a été affirmé qu’on pouvait distinguer des femmes triplement voilées à leurs talons dénudés en sandales. L’approfondissement de cette #histoire de fesses par l’investigation oulipienne et l’empirisme pataphysique devrait nous éclairer davantage sur les conséquences de cette fondamentale découverte.

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Conviendrait-il de retrouver ce sens, de revenir à un rite ancien et derechef accepté, voire rectifié (et retrouver le kilt écossais qui se porte fesses nues, aussi en maçonnique tenue R∴ E∴ R∴, y compris en transports en commun) ? Umberto Eco en eût-il la prémonition, emporta-t-il ce secret au sépulcre, quel passage du Pendule décrypter avec quelle roue de Trithème ? Les jésuites en eurent-ils le pressentiment ? L’ont-ils enfoui dans l’Enfer des caves du Vatican ? C’est en tout cas avec gratitude que la reconnaissance fessière augmentée, postérieure à ces intuitions, est reçue par la communauté scientifique. Frappe-toi le front, là est le génie ; oui, mais contre terre ou contre fesses ? La disputatio fissa (lat. fendue, fr. entrefesse) est largement ouverte. Cela sent-il le souffre, ou en émane-t-il la délicate fragrance de la rose rosicrucienne ? Il convient d’approfondir illico ! Guy Brouty l'établit, l'histoire de l'Humanité est une histoire de fesses. #Rite écossais rectifié