La débâcle autour de Sony Pictures et de son film "L'interview qui tue" est bien loin d'être terminée. Alors que l'on apprenait hier que la comédie avec Seth Rodgen et James Franco ne serait finalement pas diffusée ni aux Etats-Unis, ni dans le monde entier, par crainte de nouvelles attaques des pirates informatiques, un écrivain brésilien a peut-être trouvé la solution pour sauver la liberté d'expression à Hollywood, gravement limitée par les derniers événements. Paulo Coelho offre ainsi 100.000 dollars à Sony pour racheter les droits du film, qui le diffusera alors gratuitement et librement sur son blog.

Ce beau geste ne servirait pourtant pas à grand chose pour Sony Pictures.

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La firme devrait en effet perdre quelques 75 millions de dollars à cause de l'annulation de la diffusion dans les cinémas américains; 45 millions uniquement pour la production du film et 30 millions pour sa promotion, déjà bien entamée alors que le film devait initialement sortir le 25 décembre aux Etats-Unis.  

La Corée du Nord pointée du doigt

Au fur et à mesure que l'enquête menée par le gouvernement américain avance, il semble indéniable que c'est la Corée du Nord, et son dirigeant Kim Jong-un, qui est à l'origine du piratage massif qu'a subi Sony ces dernières semaines, diffusant des données privées de célébrités et des e-mails embarrassant échangés entre les cadres de l'entreprise. Ces hackers, regroupés sous le collectif GOP, qualifiaient "L'interview qui tue" d'"acte de terreur" du fait qu'il racontait l'assassinat du dirigeant nord-coréen commandité par la CIA, et menaçaient ses producteurs de représailles impitoyables si celui-ci n'était pas censuré.

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La Corée du Nord s'était alors défendue d'être à l'origine de ces actions, mais avaient qualifié l'opération de "légitime". Une source proche de l'enquête confie pourtant que ces attaques ont été commanditées depuis Pyongyang, et que certaines adresses IP des pirates auraient été localisées en Chine. 

Si le monde du #Cinéma en général, et les acteurs en particulier, s'insurgent contre la censure du film en accusant Hollywood de s'être "couché devant les terroristes", la Maison Blanche ne prend toutefois pas l'affaire à la légère. Il semblerait que le gouvernement américain réfléchisse à une contre-attaque, et à des solutions pour se venger de ce que les experts appellent déjà "une cyber-guerre". Mitt Romney, ancien candidat à la présidence, ainsi que la plupart des républicains, continuent d'encourager Sony à diffuser coûte que coûte "L'interview qui tue" gratuitement, et ce dans le monde entier, pour envoyer un message fort à la Corée du Nord et à ceux qui ne respectent la liberté d'expression du cinéma.