Dans le camp de Tiohmo, à deux kilomètres de la frontière Cameroun-RCA, des milliers de Centrafricains de confession musulmane ayant fui les violences des milices Anti-Balaka pour tenter de trouver la sécurité au Cameroun, sont encore bloqués entre le refus camerounais d'ouverture totale de la frontière et les Anti-Balaka en arrière, prêts à les découper à la machette.

Pour Hamadou yaou oumarou, Secrétaire général du centre d'accueil des réfugiés de Tiohmo : « Au moment de l'arrivée massif des réfugiés à Garoua-Boulai, nous, populations autochtones du village Tiohmo, nous sommes associés pour d'abord apporter les premiers soutiens à ces frères qui venaient à peine d'arriver. Il s'agissait en fait de leur apporter de l'eau, de la nourriture, des vêtements et des médicaments. Par la suite, on s'est rendu compte qu'il y avait une catégorie qui était oubliée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et autres organisations internationales. Nous avons compris qu'on pouvait aussi construire des logements pour ces gens là. Dans un premier temps, c'était pour 500 familles. Nous avons adressé une demande aux autorités pour la mise à disposition d'un terrain. Et nous avons mobilisé des fonds à travers des associations et des ONG partenaires. Malheureusement, l'Etat n'avait pas des réserves de terrain. Nous avons été obligés d'acheter le terrain à travers des fonds que nous avons réussi à collecter. Face à la demande croissante en logements, nous avons encore fait un appel des fonds pour construire des nouveaux logements. Aujourd'hui, nous logeons plus de 3000 familles dans notre camp. Mais, le camp est encore en construction. Bientôt, nous allons accueillir d'autres familles ».

Le camp de Tiohmo est le seul dans la région de l'Est Cameroun qui est construit en matériaux définitif.

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On y trouve de l'eau potable et de l'électricité grâce à deux groupes électrogènes.

« Dans le troisième site, nous avons opté pour l'énergie solaire, a indiqué le Secrétaire général du centre d'accueil des réfugiés de Tiohmo à Blasting News. Les moyens viennent des ONG et des associations partenaires. Il y a aussi des hommes d'affaires camerounais qui se sont mobilisés pour apporter leur soutien ».

Hamadou yaou oumarou a révélé qu': « Actuellement, nous avons recensé 23.000 familles. Malheureusement, nous n'avons réussi à loger que 4000 familles. Il y a encore 19.000 réfugiés sans abris qui attendent encore à la frontière, à la merci des anti-balaka prêts à les couper à la machette. Tous les jours, les réfugiés musulmans, fuyant des exactions en Centrafrique arrivent à Garoua-Boulai ».

Dans le camp de réfugiés de Tiohmo, « se faire enregistrer dans les fichiers ne donne pas [forcément] droit à un logement, ajoute-t-il.

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Néanmoins, "des mariages et des baptêmes sont célébrés,  et chaque jour des enfants naissent dans le camp». #Immigration #Afrique