Le mouvement « Barakat » qui s'est fait connaitre en #Algérie avec un farouche engagement contre une quatrième mandature de Bouteflika à la tête du pays en avril 2014 dérange les tenants de l'escale prescrite au projet démocratique enclenché par les émeutes de 1988. Mais de quelle couleur politique est le collectif d'Algériens qui s'est ligué, pour exprimer son rejet du prolongement du règne ubuesque d'un président malade, mais attaché à servir encore la félonie qui mène au pied du mur ?

Même si Bouteflika ne peut constitutionnellement rebuter l'expression des citoyens, une large propagande, d'ailleurs vachement plus distillée dans les milieux arabophones, qualifie « Barakat » d'être une machination aux projets pouvant remonter les cruautés, la déstabilisation et même le complot.

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C'est le chef de cabinet et ex-chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, avec un degré moindre d'Abdelmalek Sellal actuel responsable de l'exécutif, qui s'en est pris à Barakat.

Quelques citoyens en colère ne négocient pas l'acclimatation à la modernité…



Amira Bouraoui qui est la seule personne ouvertement citée dans certains messages sur les réseaux du Web, les médias et la presse, est aussi poussée de parler au nom de Barakat. Sans être porte-parole, elle l'assume pleinement en exprimant la contestation approuvée par les autres partenaires. Les messages sur Facebook assurent, pour leur part, une certaine communication, selon la conduite du groupe.

Femme et médecin de profession dont le père était officier de l'armée, elle est passée, au moins pendant l'année 2014, comme une nouvelle tête sur la scène politique algérienne.

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Elle empoisonne de critiques, à la fois critiques et acerbes, la présentation du discours officiel. Elle assure, en filigrane dans ses appels, que le puissant appareil militaire, de qui émane le pouvoir de sauvegarde la continuité des institutions étatiques, est intéressé par la #Démocratie... Mais pas d'âme au charisme rassurant !



En Algérie l'électorat choisit, paradoxalement sans repos, de désigner l'obscurantisme islamiste ou bien l'ancien système qui refuse de rejoindre le musée et résiste pour ne pas être brisé sous l'accusation de corruption. L'opposition partisane, figée dans des paramètres datant de 1990, première année du pluralisme de postindépendance, n'assure aucune transition démocratique.



Barakat (qui signifie "ASSEZ !") de tourner en rond, nous voilà au retour des données de la crise d'octobre 1988…



L'alternative "Barakat" s'apparente davantage à une association citoyenne qu'à un parti politique. En 2014, elle a dépêché ses militants pour interpeller le conseil constitutionnel, afin de marquer le respect de la république et l'esprit d'un changement paisible...

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quant à la légalité, du maintien du président que l'état de santé, ni l'esprit de démocratie, ne prédestine à présider un pays, encore une fois livré au bricolage et à l'approximation...

En 1988, le pétrole valait entre 10 et 20 dollars et l'endettement à son apogée. Présentement le prix du baril régresse vers les 50 dollars, dans une chute encore persistante, alors que les dettes extérieures sont nulles et les caisses sont entamés avec un récent rapatriement de l'or.



Le scénario des années 80 tend à se répéter. En 2014, les bouches à assouvir sont multipliées par la poussée démographique et les nouvelles exigences sont pressantes. La dépendance du pétrole comme seule ressource est le « sur-place » que Barakat a vu dans la gouvernance dilapidant tous les atouts de l'Algérie, dont l'humain qui concerne l'élite refusant le silence.