Le Cameroun s'est révélé être un pays pauvre et très endetté (PPTE) à la grande stupéfaction de ses populations, compte tenu des ressources naturelles dont le pays est doté. Ces ressources lui auraient pourtant permis d'émerger depuis les années 1990. Cependant, le pays atteindra en 2006, le terme de l'initiative prévu à l'endroit de ces PPTE, réduisant ainsi sa dette à un plafond de 90 milliards de francs CFA.

En outre, le #Cameroun a, pendant plus d'une vingtaine d'année, été mis sous ajustement structurel, tout en contractant d'autres dettes. Le développement du pays en sera plombé durant toute cette période.

La dette qui devait permettre l'amélioration des conditions de vie des populations des pays contractants, peut-elle s'apparenter à un mécanisme d'assujettissement, d'esclavagisme (financier) au profit des entités dites bailleurs de fonds ? Le belge altermondialiste, Éric Toussaint du Comité pour l'Annulation de la Dette des pays du Tiers Monde, invité de la Plateforme d'Informations et d'Actions sur la Dette (PFIAD), que conduit Jean Marc BIKOKO, répond par l'affirmative.

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Pour illustration, lors de l'émission « la Grande Palabre » retransmise sur Radio Cheik Anta Diop, le jeudi 14 décembre 2014,l'expert en audit de la dette des États du tiers monde, en faveur desquels il milite pour l'annulation, indique en guise d'exemple, qu' «à l'indépendance du Cameroun, le 1er janvier 1960, la France lui a légué un endettement contracté auprès des Nations-Unies, pour la réalisation de projets d'infrastructures…Une série de projets soutenus par les bailleurs de fonds (FMI, Banque Mondiale, le Club de Paris etc.) est imposée en terme de dette aux pays du tiers monde».

Un tel mécanisme pose, au vu de la situation, le problème de la légalité du système usité. Toussaint soutient, à cet effet, que cet endettement est en total contradiction avec le droit international qui stipule que les colonies ne peuvent être imputables et imputés des dettes contractées par les pays colonisateurs.

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Dans le même sens, mention est faite sur le fait qu'une dette, du point de vue du droit international devient illégale quand elle ne respecte pas la législation en vigueur du pays contractant, ou de la législation internationale.

Toutefois, le problème de l'endettement non conforme des pays du tiers monde n'est pas qu'une résultante des agissements unilatéraux des pays occidentaux. De hauts cadres des pays contractants se sont avérés être la cause d'une telle désobligeance, telle que l'auront révélé divers audits menés en Équateur. Corrompus, ils avaient signés des contrats illégaux. Le constat de cette forfaiture aboutira à un état d'urgence, qui, dans le sens de la législation internationale, renvoit au fait pour un État de n'être pas obligé de rembourser une dette insoutenable pour ce qui est du bien-être de ses populations.

Retour d'ascenseur ?

Le centre de gravité de la crise de la dette n'est plus au niveau de l'Afrique, mais s'est déplacé vers les pays occidentaux. La raison de cette situation, un endettement supérieur au produit brut intérieur (PIB) de ces pays qui dominent la planète.

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En clair, pendant que les pays comme le Cameroun ont une dette qui culmine à 21% de son PIB, les USA en sont à 100% de leur PIB, 105% de son PIB pour la Belgique, l'Italie (135%), le Japon à 200%, etc.

Si cependant la réalité de l'endettement du Japon est conséquente à l'obligation intérieure comme c'est le cas de l'emprunt obligataire en cours au Cameroun depuis le mois de novembre, les pays dits du sud sont créanciers des pays du nord, à l'instar des USA dont les créances dues à la Chine sont d'environ 1300 milliards de dollars.

Toussaint, l'apôtre d'une juste dette, signifie qu'au-delà des choix des contractants, de leurs comportements, facteurs pouvant plomber ou favoriser l'émergence, il serait parfaitement légal de refuser le payement d'une forfaiture considérée comme telle dans la législation internationale. #Loi