Il y a un an, j'étais sur Maïdan, au cœur de cette révolution de glace et de plomb. Comme beaucoup, j'étais fasciné par ce peuple refusant la fatalité d'un régime où la corruption et l'autoritarisme se disputaient le haut du pavé. Comme beaucoup, j'ai été frappé par cette foule immense prête à braver la mort pour une bouffée de liberté avec son courage pour seul bouclier. Ils veulent se rapprocher de l'#Union Européenne et tourner le dos à la Russie ? Soit. Leur destin leur appartient.

Quelques mois plus tard, je me suis rendu à Donetsk, Slaviansk et Kramatorsk. J'ai vu des citoyens ukrainiens se faire lâchement bombarder par d'autres citoyens ukrainiens.

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J'ai assisté à l'enterrement d'une jeune fille froidement exécutée de plusieurs balles alors qu'elle tentait de fuir l'assaut de l'armée ukrainienne. J'ai vu des corps mutilés végéter dans des hôpitaux privés de médicaments, voire d'électricité.

J'ai alors compris que la liberté s'achète avec le sang. Et comme sur les marchés financiers, le prix varie selon l'époque, le lieu et les protagonistes.

Que reproche-t-on à la Russie ?

L'Occident tient la Russie à la gorge en tentant de l'asphyxier économiquement et diplomatiquement parlant. Pourquoi ? Selon les chancelleries occidentales, « la Russie serait à la manœuvre en Ukraine en finançant et en armant les séparatistes. » Rien n'est prouvé, même si le grand nombre d'indices laisse peu de marge au doute. Mais soit. Quel autre choix a la Russie ?

Selon Moscou, il y aurait aujourd'hui plus de 830 000 réfugiés ukrainiens sur le sol russe, soit la population de la commune de Marseille.

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De plus, le Kremlin ne peut pas rester insensible aux méthodes condamnables de l'armée ukrainienne : bombardements aveugles, exécutions sommaires par des groupes ultra-nationalistes voire fascistes, siège économique. Après tout, la grande majorité des populations de l'est de l'Ukraine se revendiquent russes, même si elles ne sont pas toutes séparatistes. Comment réagirait la France si les Suisses alémaniques massacraient âprement les Genevois ? Comment réagirait la Grande-Bretagne si des bombes venaient à exploser dans les écoles d'Irlande du Nord ? Nous connaissons tous la réponse à ces questions.

Les pompiers pyromanes

L'Occident, lui, a au moins le mérite de ne pas cacher son soutien militaire à Kiev. Les diplomates s'empressant de rajouter qu'il s'agit « uniquement de matériel non-létal ». Paris, Berlin, Londres, Washington et Bruxelles mettent également tout en œuvre pour affaiblir la Russie, persuadés que c'est l'unique moyen pour empêcher Moscou d'aider ceux qui sont les victimes et pas les agresseurs.

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L'Otan renforce sa présence dans les pays Baltes, en Pologne, en Géorgie et en Roumanie. Des troupes de l'Otan devraient bientôt stationner en Ukraine. Et pendant ce temps-là, les médias traditionnels nous ressassent les mêmes histoires : Poutine serait le nouvel Hitler, la Russie le nouvel antre du Mal, les projets russes ne viseraient qu'à créer une nouvelle Union Soviétique.

Je connais bien la Russie. Les Russes sont fiers, courageux et têtus. Ce n'est pas en faisant dégringoler les prix du pétrole et le cours du Rouble qu'ils se résigneront à se soumettre. Bien au contraire, ils vont se souder derrière la figure de Poutine, de plus en plus perçu comme le seul à même de défendre la Russie face à l'hostilité croissante de l'Occident. Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux russes pour s'en apercevoir.

La diplomatie occidentale fonce droit dans le mur, comme ce fut le cas en Syrie, en Irak, en Libye, au Mali, au Kosovo, en Somalie, en Afghanistan ou à Cuba. Mais attention ! Les murs du Kremlin sont bien plus solides qu'on ne le pense.