La Chine a déclaré aujourd’hui qu'il n'y avait pas de preuves que la Corée du Nord était derrière une cyber-attaque sur Sony Pictures Entertainment, signalisant sa réticence à défendre les États-Unis au cours de l'incident, tout en rejetant la spéculation d’avoir coupé l'accès à Internet sur Pyongyang comme punition.

Interrogé sur les demandes américaines pour l'aide de la Chine afin de punir la Corée du Nord pour ses cyber-attaques, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Chine a dit que les #Etats-Unis et la Corée du Nord doivent communiquer directement.

Il a indiqué que Pékin n’a pas de preuves sur qui était derrière l'attaque contre Sony Pictures Entertainment.

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"Nous avons besoin de preuves suffisantes avant de tirer une conclusion", a-t-il confirmé lors d'une conférence de presse.

Selon un fonctionnaire, les responsables de l'administration avaient demandé à la Chine jeudi dernier de bloquer l'accès contre Pyongyang aux routeurs Internet et les serveurs basés en Chine, d'expulser les pirates nord-coréens vivant en Chine et faire pression sur le régime de Kim Jong-un pour mettre fin à sa cyber-offensive présumée contre les entreprises aux États-Unis.

Hier, l'Internet en Corée du Nord s’est coupé pendant plus de neuf heures, mais la question de savoir qui a retiré la prise est restée un mystère. Alors que le gouvernement américain a publié un démenti effarouché, la Chine a catégoriquement rejeté les spéculations des médias.

"Ce genre de déclaration est sans fondement factuel, c’est une hypothèse spéculative pure, pas du tout digne de confiance", a ajouté le porte-parole.

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"Le rapport lui-même est irresponsable, non professionnel, et trompeur".

L'attaque sur Sony a mis Pékin dans une position difficile. D'une part, elle veut coopérer avec les États-Unis sur la cyber-sécurité et le cyber-terrorisme, mais de l'autre elle ne veut pas aliéner ses alliés en Corée du Nord.

La Chine a affirmé que son ministre des Affaires étrangères Wang Yi a appuyé, dans une conversation avec le secrétaire d'État John Kerry dimanche dernier, "la position inébranlable" de la Chine sur le sujet, avant qu’elle ne soit réitérée aujourd’hui par le porte-parole."La Chine est contre toutes les formes de cyber-attaques et de cyber-terrorisme, y compris les cyber-attaques lancées par n’importe quel pays ou individu en utilisant les installations au-delà de ses propres frontières nationales contre un pays tiers", a expliqué le pays.

Bloomberg BusinessWeek a cité une source anonyme, hier, disant que la Chine avait accepté d'ouvrir sa propre enquête sur l'incident. Un professeur et expert en droit à l'Université normale de Pékin a commenté qu'il doutait que la Chine soit d'accord pour une telle enquête, faisant valoir que Pékin a tenu d'abord de mettre en place un code de conduite international et un cadre juridique pour régir l'Internet, avec une tierce partie indépendante créée pour se pencher sur les cyber-attaques. #Piratage