Au lendemain du massacre perpétré par des talibans dans une école de Peshawar, faisant 141 morts dont 132 enfants, le Pakistan a décidé de lever le moratoire sur la peine de mort, et ce, uniquement pour les cas liés au terrorisme.

La peine capitale est très souvent prononcée au Pakistan, mais depuis 2008, les condamnations à mort n'étaient plus mises en œuvre. Le gouvernement est revenu sur sa décision en ce mercredi 17 décembre, suite à cet effroyable événement survenu la veille. Selon un porte-parole du gouvernement, «il a été décidé que le moratoire devait être levé. Et le Premier ministre a approuvé cette décision».

Publicité
Publicité

Nawaz Sharif, Premier ministre depuis le mois de mai 2013, avait laissé sous-entendre une possibilité de réintroduire la peine de mort, lors de son entrée en fonction. Ce qui avait été dénoncé, sans plus attendre, par diverses organisations de défense des droits de l'homme, ainsi que par des diplomates européens. Amnesty International avait d'ailleurs estimé à 8.000 le nombre de condamnés à morts, certains d'entre eux ayant été jugés par des tribunaux antiterroristes, même si leurs crimes n'avaient pas de lien direct avec des affaires de terrorisme.

Par ailleurs, le maintien du moratoire sur la peine de mort avait permis au Pakistan d'obtenir il y a environ un an le statut de «GSP+», permettant ainsi d'exporter de nombreux produits (principalement les textiles) sans barrière tarifaire, vers son premier partenaire économique, l'Union européenne.

Publicité

La question est désormais de savoir si le Pakistan conservera ou non ce statut de «GSP+» suite à cette décision du gouvernement.

Deuil national, indignation internationale

L'annonce de la réintroduction de la peine de mort intervient suite aux actes terroristes, et pour ainsi dire sanglants, opérés par un convoi de talibans (appartenant au Mouvement des talibans du Pakistan) contre une école d'enfants de soldats située à Peshawar. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière de toute l'histoire du Pakistan, faisant un très lourd bilan de 141 personnes, en grande majorité, des enfants.

Les premiers enterrements ont commencé le soir même du drame, et un deuil national de trois jours a été décrété. Au Pakistan, comme de part le monde entier, l'heure est à l'indignation, à la condamnation, à l'incompréhension. Pour ainsi dire, même les talibans afghans, pourtant habitués à commettre des attentats, ont dénoncé de tels actes, affirmant que «le meurtre prémédité d'innocents est contraire aux principes de l'islam».