Cela faisait plus de 50 ans que les relations entre les Etats-Unis et Cuba étaient tendues. Un cap est désormais franchi : celui de la diplomatie entre les deux nations. Ce mercredi 17 décembre, les présidents américain, Barack Obama, et cubain, Raul Castro ont tous deux tenu respectivement un discours, au même moment. Ils y ont chacun affirmé ce rapprochement historique.

L'embargo posé depuis 1962 devrait être levé avant la fin du mandat de Barack Obama en 2017. Pour ce faire, le Congrès devra examiner le dossier afin de donner son feu vert, étant le seul habilité pour ce genre de décision.

Concrètement…

Sur le plan diplomatique, il s'agit tout d'abord de réinstaurer une ambassade américaine à La Havane.

Publicité
Publicité

Ensuite, des contacts devraient être établis sur des dossiers tels que l'immigration, la lutte contre le trafic de drogue, la protection de l'environnement, les frontières maritimes ou encore le trafic d'êtres humains. Enfin, il est aussi question de reconsidérer la qualification de «soutien au terrorisme» de Cuba.

Les voyages entre les deux pays vont plus facilement être permis, mais seul le Congrès peut lever totalement les restrictions. Pour l'heure, les autorisations seront plus facilement accordées pour certains types de voyages tels que des visites familiales, des projets journalistiques, professionnels, humanitaires, ou scientifiques, des compétitions sportives, des activités religieuses, ou encore certaines activités d'exportation. Les voyages touristiques indépendants resteront quant à eux interdits.

Publicité

L'embargo général sur le commerce ne peut aussi être levé que par le Congrès, mais le commerce lié à la construction de logements, aux équipements industriels et agricoles seront autorisés.

Dans le secteur bancaire, les banques américaines pourront désormais ouvrir des comptes auprès des institutions cubaines, et ce, afin de faciliter les transferts d'argent. Les américains vont être aptes à utiliser leurs cartes de crédits en terre cubaine, jusqu'à un certain plafond. Les comptes bancaires américains de ressortissants cubains seront débloqués.

Les communications entre les deux pays vont aussi être améliorées grâce à une ouverture de l'industrie des télécommunications pour les infrastructures de téléphone et d'internet.

Enfin, les célèbres cigares « Havanes » cubains vont à nouveau pouvoir être commercialisés sur le sol américain.

Quoiqu'il en soit la mise en place de ces diverses mesures et des ces déblocages risquent tout de même de prendre un certain temps. Ce n'est que le début d'un long chemin avec pour destination: la normalisation.

Publicité

Un embargo vieux de plus de 50 ans

Les Etats-Unis avaient posé cet embargo afin de précipiter la chute du régime cubain (commençant un rapprochement avec l'Union soviétique), en place depuis la révolution de 1959. Toute relation diplomatique a aussi été coupée entre les deux pays dès 1961. Ils espéraient un effet direct, étant donné qu'ils étaient le débouché traditionnel de l'économie cubaine. Cependant, les années passèrent sans que les restrictions économiques et financières ne produisent de résultats. Au contraire, cela n'a fait qu'agrandir le fossé entre les deux nations.

Les années qui suivirent furent marquées par l'arrivée du régime autoritaire de Fidel Castro, l'un des principaux leaders de la révolution de 1959. Ce régime fut porté à bout de bras par l'Union soviétique, jusqu'à sa dissolution définitive en 1991.

Au début des années quatre-vingt, Cuba fut inscrit sur la liste noire du département d'Etat des pays soutenant le terrorisme. En cause, l'appui porté aux guérillas luttant contre les régimes sud-américains alliés à Washington.

En 1992 et 1996, Cuba a été mis face à de nouvelles mesures restrictives après que deux avions américains aient été abattus par l'armée cubaine.

En 2008, Fidel Castro quitte le pouvoir pour raisons de santé et est remplacé par son frère Raul. Cela a en quelques sortes incité une remise en cause, ainsi qu'une timide ouverture économique et politique.

Raul Castro fut réélu pour un second mandat de cinq ans en 2013. Dès lors, il pourra travailler conjointement avec Barack Obama afin d'atteindre cet objectif de normalisation des relations entre les deux pays d'ici à la fin de leurs mandats respectifs.