Les bases de ce régime bolivarien sont toujours les mêmes. Mais la situation interne du pays est assez délicate. « Il y a eu des maanifestations au début de l’année qui ont causé une quarantaine de morts », explique Christian Girault, directeur de recherche au CNRS (Centre national de recherche scientifique). « La situation est tendue dans l’ensemble du pays et l’opposition est assez violente. Elle veut chasser le régime bolivarien ». La crise économique explique en partie le chaos qui règne dans le pays. Le bolivar n’a plus la même valeur et il existe une pénurie des produits de première nécessité. « L’inflation a été mal contrôlée et il y a actuellement de nombreuses files devant les magasins ». Une situation assez incroyable quand on connaît la richesse pétrolière du Venezuela, membre fondateur de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Qui posséderait 17% des réserves mondiales devant l’Arabie Saoudite, 13%. Problème, la compagnie nationale n’a pas assuré la maintenance. « Les prix sont en baisse et la production l’est également », indique le géographe. « Il y a une partie difficilement exploitable mais Total connaît cette technologie qui est utilisée en Alberta au Canada ». Le pays dépend du pétrole à 97%, il s’agit d’une monoculture. « Cette dépendance existait déjà avant Chavez mais elle s’est accrue pendant ses années ». Les prévisions ne sont pas bonnes car la demande mondiale stagne vu les autres sources énergétiques, comme le gaz de schiste aux USA.

Le siège latino-américain aux Nations Unies

Sur le plan économique et politique, la situation n’est donc pas glorieuse. Par contre, le Venezuela devient un membre influent sur le continent sud-américain. En octobre dernier, il a obtenu le siège du groupe latino-américain au Conseil de Sécurité des Nations Unies. « Il y a eu 180 votes pour sur 193 à l’Assemblée générale des Nations Unies ». Le Venezuela est donc protégé par ses voisins. Et la relation avec la Colombie, qui est en train de négocier avec les FARC à La Havane, se passe de mieux en mieux. « Le pays peut jouer un rôle de médiateur comme Chavez l’avait déjà fait », souligne Christian Girault. Le Mercosur, la grande alliance économique, ne fonctionne par contre pas très bien, notamment à cause des problèmes entre l’Argentine et le Brésil. Le Paraguay s’était opposé à l’entrée du Venezuela et l’inclusion se déroule mal. Quant à la relation avec les USA, grand client de pétrole, il y a toujours eu « une détestation réciproque », même si le Venezuela a quelques intérêts dans le pays de l’oncle Sam dont une compagnie de raffinage.

La situation générale n’est donc pas au beau fixe dans ce pays qui semble difficilement se remettre du décès de son « Dieu ». Les législatives prévues en 2015 s’annoncent difficiles et déterminantes. Une chose est sûre, la contestation, les pénuries de biens et l’insécurité gagnent du terrain.