Zulkifli ben Hir, le présumé responsable de l'attentat de Bali qui avait fait 202 morts et de plusieurs actions violentes dans le sud de l'Asie, aurait été tué dans une opération des forces spéciales de police des Philippines. 

Ce Malais de 48 ans était une des personnes les plus recherchées par le FBI, une récompense de 5 millions de dollars est offerte pour sa capture. Selon les autorités  philippines il aurait été tué dans une opération nocturne des forces spéciales, mais son corps n'a pas pu être identifié, il faudra attendre les résultats ADN.  

Les forces de police sont tombées dans une embuscade tendue par le Biff, une mouvance islamique opposée au pouvoir central. Réussissant à se dégager , mais un peu perdus dans la jungle, les policiers se sont retrouvés en territoire hostile où ils ont subi un feu nourri. Bilan? Sur les 392 policiers des forces spéciales , 44 ont été tués et 12 blessés. De l'autre côté on ignore les chiffres pour l'instant . 

Grand émoi dans le pays après ce désastre, les drapeaux sont en berme, le chef de la police relevé de ses fonctions, la télévision diffuse sans arrêt des images du rapatriement des corps et des interviews des proches des victimes. D'après les premiers éléments, il apparaît un sérieux dysfonctionnement. Une guéguerre, police contre armée, ainsi qu'un non-respect des accords de cessez-le-feu avec certains groupes armés. 

La police a monté cette opération avec ses propres forces spéciales, dans une des pires régions de Mindanao. Le sud-ouest de l'ile, le Cotabato notamment, possède une très forte majorité islamique. Les sultanats, ses groupes terroristes en rébellion avec le pouvoir central, sont très actifs. Le trop célèbre Abou Sayyaf, vraisemblablement responsable de l'attentat à la voiture piégée à Zamboaga City qui a fait deux morts cinquante blessés, a de plus a fait allégeance à Daesh.

La police a gardé l'info pour elle: la cible était de taille, l'homme étant le plus recherché par les Etats-Unis. Ils ont omis d'avertir les forces armées de l'opération.

En plus, les accords de cessez-le-feu, signés avec le Moro Islamic Liberation Front (MILF) en mars dernier, prévoient de les avertir lors d'une opération militaire sur leur territoire, la police ne l'a pas fait se plaint Ghadzali JAAFA, vice-président du MILF .Cela parait aberrant, mais c'est la triste réalité.

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Résultat: ils se sont retrouvés pris pour cible, par différentes factions de rebelles, on connait la suite.... 

Le déplacement de 400 hommes ne se fait pas incognito, même si l'opération se déroulait de nuit.

Dans un pays ou chaque individu, possède au moins deux téléphones portables, où les réseaux hertziens sont nettement plus performants qu'en France, l'alerte a dû être rapidement donnée, la fusillade pour capturer Zulkifli fut intense aux dires des participants, donnant immédiatement la localisation aux rebelles locaux, qui ont pu facilement couper la retraite de la police.

En plus de la mort des policiers, les risques de problèmes avec le front Moro sont grands. Les accords enfin signés pour un cessez-le-feu après des dizaines d'années de lutte, étaient à peu près respectés, maintenant le risque de les voir capoter est non négligeable. Ghadzali Jaafa déclare que ses hommes se sont sentis agressés et ont répondu en état de légitime défense.

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D'ores et déjà les négociations sont suspendues sans limites de temps entre le gouvernement et le front Moro, celui-ci déclarant quant à lui espérer qu'elles reprendront rapidement et qu'il est de l'intérêt des deux parties, de finaliser rapidement la création de la zone autonome.

#Terrorisme