Le projecteur nommé médias, se focalise pendant un temps sur un évènement, occultant complètement les autres. Ce sont, pourtant aussi des réalités, souvent aussi douloureuses que celles mises en évidence mais moins porteuses... On ne parle pas souvent des méfaits des alliés de l'État Islamique aux Philippines, pourtant il y est bel et bien implanté là aussi. Il prend des otages, tue des hommes en bon terroriste qu'il est.

Le groupe Abou Sayyaf était précédemment allié au front Moro de Libération Nationale. Mécontent des options prises par l'autre aile du mouvement, il fait scission en 1991. Il décide en août 2014 de quitter la mouvance Al-Qaïda et fait allégeance à l'État Islamique.

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Ce qui lui vaut maintenant d'avoir pour adversaire l'armée et la police. Ses anciens alliés l'accusent de vouloir faire capoter les négociations avec le gouvernement au sujet de la création d'une zone autonome musulmane.

L'invasion de Zamboanga City, en septembre 2013, par 150 de ses combattants, fut l'apothéose de ces dernières années pour le groupe. Au bilan: beaucoup de morts et une population prise en otage. Ses actions sont surtout localisées au centre et à l'ouest de l'ile de Mindanao, ainsi que dans les iles Sulu au nord de la Malaisie. Les musulmans sont là en large majorité bien que mélangés aux Chrétiens, qui représentent 80% de la population totale du le pays.

Les attentats à la bombe sont réguliers, visant souvent les bus, mais aussi les pylônes électriques, aggravant les problèmes d'approvisionnement, déjà difficiles à Mindanao.

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Pris en otages l'été dernier au large des Sulu, un couple d'Allemands fut finalement relâché. Après paiement de la rançon, dixit Abou Sayyat...

Les attaques par des hommes en armes sont fréquentes, contre la police et l'armée, mais aussi contre des civils, directement ou indirectement parce qu'ils se trouvaient, à la mauvaise place au mauvais moment. Les extorsions de fonds sont d'une pratique courante aussi. Les militaires mènent régulièrement des actions.



La région est sauvage, montagneuse et boisée, difficile d'accès, mal percée, ceci explique pourquoi une guérilla y est à l'aise. De plus la population est majoritairement pauvre, donnant un terrain propice aux idées des rebelles. Les combattants de l'#Etat Islamique trouvent de la compréhension parmi la population, musulmane, comme eux en grande majorité. Ceci crée de fortes tensions entre les communautés, chacune ayant une fâcheuse tendance à accuser l'autre de tous les maux. La politique et la corruption s'en mêlant cela n'arrange pas les choses.



Les gens ont la gâchette facile; certaines affaires sont réglées rapidement, sans l'aide des tribunaux, la sentence sans appel, directement exécutoire, quitte à avoir un effet boomerang... Tout ceci sous l'œil bienveillant, volontairement ou non de la police....