En Afghanistan, les rôles entre hommes et #Femmes sont bien distincts dès le plus jeune âge. Il existe néanmoins une tradition permettant aux petites filles de se travestir en garçon jusqu'à leur puberté. Elles se nomment les Bacha Posh: «celles qui s'habillent en homme »

Bien que le régime des talibans ait été renversé en 2004, la condition de la femme dans ce pays n'en reste pas moins précaire.

Un garçon tu deviendras!

Dans une famille afghane sans fils, les parents ont la possibilité de déguiser une ou plusieurs de leurs filles en garçon. Elles auront alors la tâche d'aider leur famille en travaillant. Vous l'aurez compris, la femme afghane n'a en aucun cas le droit de travailler, du moins sans ce subterfuge… 
Pour ne pas faire sombrer leur famille dans la honte, ces petites filles troqueront alors leurs vêtements féminins, cacheront ou couperont leurs cheveux et choisiront même un prénom masculin. Leur vraie nature sera ainsi gardée secrète.

Le phénomène des Bacha Posh est courant mais néanmoins ambigu. Il n'est en effet pas vraiment toléré dans cette société où les femmes sont (habituellement) élevées à l'intérieur des murs de leur maison avec leur mère. Car traditionnellement, on inculque aux jeunes filles les tâches ménagères, les règles de bonne conduite. On ne leur permet pas de sortir sans être accompagnées d'un homme. Les plus chanceuses quant à elles peuvent se rendre dans des écoles réservées aux filles. 
Les garçons, eux, jouissent d'une plus grande liberté. Ils peuvent sortir seuls, faire du sport et gagner de l'argent afin de devenir indépendants.

Être Bacha Posh permet donc à ces filles de marcher librement dans la rue afghane, territoire de l'Homme.

Publicité
Publicité

Fin de l'innocence, début de l'indépendance ?

Arrivées à leur puberté, une grande pression apparaît sur ces jeunes filles Bacha Posh. Le moment est venu pour elles de rendre leur «costume» d'homme et de redevenir des femmes. En Afghanistan, porter des vêtements masculins quand on est une femme est contraire à l'Islam. 
Malgré l'étau qui se resserre sur elles, certaines refusent d'abandonner leurs privilèges de garçon. Au delà du genre, être Bacha Posh leur permet d'être libres et de pouvoir choisir leur vie. 
Les réticentes subissent alors, en plus des pressions de la société et de leur famille (certains pères allant jusqu'à les battre), insultes et menaces quotidiennes. Elles sont vues comme un défi pour l'ordre établi et une menace pour la société. 
Face au danger qu'elles encourent, certaines décident de redevenir des femmes à part entière. Mais elles n'oublieront jamais leur rêve de liberté et rentreront à contre-cœur dans la norme, se terrant dans la souffrance, espérant un jour vivre femmes et libres. Pour celles qui continueront à lutter, un dur et long chemin les attend. Pas facile de rendre sa liberté une fois que l'on y a goûté.

Force et courage, deux maîtres mots

Rester Bacha Posh après la puberté demande un énorme courage pour ne pas baisser les yeux face à une société inégalitaire dirigée par des hommes où le seul moyen de vivre libre est de ne pas être une femme.

Publicité

Sous leurs habits d'hommes, elles militent, enseignent, se battent chaque jour dans leur pays et à l'étranger via des associations. Menacées de mort, elles luttent avec l'espoir de vivre au grand jour dans un Afghanistan où hommes et femmes pourront décider librement de leur destin.

Qu'elles restent Bacha Posh ou qu'elles se «redeviennent» femmes, la tristesse, la peur, le courage sont leur quotidien dans un monde où traverser la rue seule devient un crime…