L'attentat contre Charlie Hebdo a réveillé l'intérêt pour les déboires des états dont l'organisation est strictement liée à la religion. Parmi ceux-ci, l'#Arabie Saoudite fait office d'archétype. Le plus grand pays du Moyen-Orient est notamment dans le viseur d'Amnesty International pour avoir soumis un bloggeur saoudien à une peine qualifiée d'une « inhumanité scandaleuse » par l'organisation de défense des droits de l'Homme.

Aucune conscience de la liberté d'expression

Fin 2014, Raif Badawi, 31 ans, est condamné par le Royaume pour avoir « insulté l'islam », via son site « Free Saudi Liberals » («Libérez les libéraux saoudiens»).

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La justice le contraint à payer une somme conséquente pour sa « faute » (1000 riyals, soit environ 225000 euros). Sa peine est de 10 ans de prison, et, pire que tout, il doit subir 1000 coups de fouet, répartis sur vingt semaines. Amnesty a tout fait pour secouer l'opinion internationale, et enjoint la France à durcir le ton face à l'Arabie Saoudite, avec laquelle elle entretient des relations économiques liées à la vente d'armes. Au défilé du 11 janvier, à Paris, le pays était discrètement, et plutôt paradoxalement, représenté par le numéro deux de sa diplomatie.

Une femme qui conduit ? Un non-sens en Arabie Saoudite

L'Arabie Saoudite, aveuglée par l'autorité d'Abdallah 1er, ne semble pas s'inquiéter outre mesure d'ignorer aux yeux du monde les droits de l'homme. Par ailleurs, les droits de la femme paraissent y être une pure invention occidentale.

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Le pays reste le seul où la femme n'a pas le droit de conduire. Le 1er décembre 2014, Loujain al Hathloul, activiste saoudienne, est arrêté pour avoir tenté de franchir la frontière au volant de sa voiture, depuis les Emirats Arabes Unis, vers son pays natal. Restée bloquée au poste-frontière d'al Batha pendant plusieurs heures, son passeport lui avait été retiré et elle avait été contrainte à passer la nuit dans sa voiture. Selon Amnesty International, Loujain al Hathloul aurait été envoyée dans un établissement correctionnel pour #Femmes à al Ahsa, après plusieurs interrogatoires, et ce sans avoir jamais pu consulter un avocat, ce qui est une entrave au droit saoudien. La sœur de l'intéressée avait également relevé une contradiction entre deux lois : celles qui interdits aux femmes de conduire en Arabie Saoudite et celle selon laquelle un conducteur ayant obtenu un permis dans un des pays du Golfe, a le droit d'utiliser ce permis dans tous les autres pays du Golfe, et ce sans que le sexe du conducteur soit précisé.

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Le 1er décembre, alors qu'elle tentait de venir en aide à Loujain al Hathloul, Maysaa al Amoudi, journaliste saoudienne, avait été appréhendée, cela sans même conduire sur le territoire. Elle est depuis détenue à la prison centrale d'al Ahsa.

Des avancées qui cachent des problèmes de fond

En Arabie Saoudite, la femme reste donc toujours un épiphénomène qui n'a de prérogative que la soumission. Même les avancées de droits y posent question. Le 26 août 2013, le Royaume adopte une #Loi contre la maltraitance physique, psychologique et sexuelle envers la femme. Les peines encourues peuvent aller jusqu'à un an de prison et l'amende jusqu'à 9700 euros. Toutefois, en Arabie Saoudite, les femmes ne peuvent circuler qu'avec l'autorisation de leur tuteur (un mari, un frère, un oncle, un fils, etc.). Ainsi, pour porter plainte, elles doivent être accompagnées de ce dernier, qui est souvent à la source même des violences. Il est donc assez laborieux d'imaginer une quelconque efficacité du système en place. Définitivement, l'Arabie Saoudite est une des plus mauvaises élèves en matière de droits des femmes, et plus généralement, en matière de droits de l'Homme.