Les frères Kouachi, des fous solitaires dont personne ne partage l'idéologie ? Pas vraiment ! Faut-il donc rappeler sans arrêt les combats extrêmement meurtriers en Afrique où l'Etat Islamique prend position, ainsi que #Boko Haram ? Celui-ci fait d'ailleurs aussi tristement l'actualité cette semaine. Le nord du Nigéria a ainsi été mercredi dernier le théâtre d'un terrible massacre perpétré par la secte islamiste, « le pire depuis cinq ans » que le groupe existe.

Prêt à tout pour contrôler la frontière du Nigeria avec ses pays voisins comme le #Cameroun ou le Niger, Boko Haram a donc décidé de passer à l'offensive pour prendre position dans le nord-est du Nigeria.

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Ce ne sont pas moins de seize villes et villages de la rive du lac Tchad qui ont été rasés, les habitants tués ou expulsés, leurs habitations réduites en cendre. La ville de Baga, point stratégique pour la défense du pays, a littéralement disparu de la carte, ne laissant que des cadavres éparpillés sur les routes et les champs menant à la liberté pour les habitants qui n'ont pensé qu'à fuir. Selon l'AF, plus de 2000 personnes ont perdu la vie, alors que des témoignages des quelques survivants de ces villages - d'ailleurs principalement occupés par des femmes, des enfants et des vieillards - racontent des scènes d'horreur, comme ce jeune homme qui explique avoir dû marcher sur des cadavres pendant cinq kilomètres. «Tout ce que j'entendais, c'était des tirs d'armes à feu, des explosions, des hurlements, et les 'Allah Akbar' des combattants de Boko Haram», a confié à l'AFP Yanaye Grema, un pêcheur de la région du lac Tchad.

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Au total, « ce sont plus de 20.000 déplacés provenant de Baga et des villages aux alentours qui se trouvent dans un camp à Maiduguri», a déclaré Musa Bukar, le responsable administratif de la zone de l'Etat de Borno.

Des méthodes sordides

Dans l'art de l'horreur, Boko Haram et ses combattants sont en passe de devenir rois. Samedi, une fillette d'une dizaine d'années a tué dix-neuf personnes en faisant exploser la bombe qu'elle portait sur elle au beau milieu d'un marché bondé de la ville de Maiduguri. Ce n'est pas la première fois que Boko Haram utilise des femmes comme bombes humaines, loin de là, et deux autres femmes se sont d'ailleurs faites exploser le lendemain à Potiskum, tuant quatre personnes. Mais l'utilisation et la manipulation d'enfants pour les amener à se suicider et à entraîner des dizaines de personnes dans leur mort devient un acte de guerre de plus en plus prisé par le groupe sectaire, qui ne recule devant rien pour gagner en puissance.

Que faut-il craindre ?

Ce sont les pays limitrophes au Nigeria, à savoir le Cameroun, le Tchad et le Niger, qui sont le plus mis en danger par Boko Haram.

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Son dirigeant avait d'ailleurs menacé directement le président du Cameroun, Paul Biya, la semaine passée. Mais les troupes islamistes ont dû essuyer une fameuse déconfiture ce lundi. Lassé par l'incursion de plus en plus régulière de soldats de Boko Haram sur ses terres et en particulier à Kolofata, le Cameroun est passé à l'action en profitant de l'assaut d'un camp militaire camerounais pour mettre toute sa force dans la réplique. Bilan : 143 morts côté Boko Haram, un soldat tué côté Cameroun. De quoi espérer un affaiblissement du groupe islamiste? Sûrement pas, mais cette contre-offensive aura au moins le bénéfice d'avoir redonné un peu d'espoir à cette région terrorisée depuis trop longtemps.