Dans une interview exclusive accordée à l'hebdomadaire camerounais L'avocat, le sultan de Kobro Blangoua, Brahim Menoumour, s'est présenté comme "un combattant de la bonne cause, un fidèle d'Allah qui se sert du Coran pour son éthique et ses enseignements spirituels profonds".

Brahim Menoumour a indiqué que "les déclarations sataniques et diaboliques d'Abubakar Shekau, qui annonce des assauts sur le Cameroun et demande au président Biya d'arrêter ses troupes, sont simplement un aveu de faiblesse d'un pseudo leader d'un groupe qui sent sa fin venir". Brahim Menoumour demande aux autorités camerounaises de le "mettre en mission" afin de ramener, mort ou vivant, Shekau et sa bande à Yaoundé.

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Le sultan de Kobro Blangoua a saisi "par lettre recommandée" le chef de l'Etat camerounais à qui il a détaillé ses actions tout en dénonçant des "complicités malsaines dans son entourage".

"Cette guerre, si vous voulez, n'est pas physique et nous tous nous connaissons le Coran avec sa diversité spirituelle", a indiqué Brahim.

Le sultan de Kobro Blangoua promet au peuple camerounais de "ramener la tête de ce truand dans les musées de nos chefferies dès qu'il sera mis en mission".

Entre temps, le chef traditionnel encourage les forces de défense camerounaises à rester vigilantes.

Brahim Menoumour est le fils du regretté inspecteur de police Menoumour Guéimé et de Boutou Brahim, elle aussi décédée. Sergent chef, aspirant capitaine après l'obtention de son doctorat à l'université Roi Fayçal de Ndjamena, option épidémiologie, cet admis de l'armée camerounaise en 2000 est né le 02/11/1978.

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Marié et père de deux enfants officiels et deux autres hors mariage, le successeur de feu Kalifa Gueimé Mamat, son grand-père décédé en 2000, a été intronisé comme sultan kalifa de 2ème degré, le 15/05/2011 en présence des autorités traditionnelles et administratives du Logone et Chari.

"A la mort de mon père", raconte Brahim Menoumour, "mon cousin Abakoura Seina assurait l'intérim et fut démis en 2011 pour son comportement incestueux, alcoolique et irresponsable envers l'épouse de l'imam. J'ai grandi, fréquenté et même travaillé dans le Logone et Chari au sein du Bataillon Léger d'Intervention devenu Bataillon d'Intervention Rapide en 2002".

L'évocation du nom de Sa Majesté Brahim Menoumour en fait frémir plus d'un aujourd'hui. L'intéressé, lui, de répondre: "Ceux qui ont peur de moi savent bien pourquoi. Je suis un gardien des valeurs traditionnelles et pour rien au monde, je ne pactiserai avec le diable. Je dis les choses telles qu'elles se présentent, sans maquiller pour plaire ou pour détruire".

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Face à ce qu'il appelle "une campagne de déstabilisation contre le Cameroun", Brahim Menoumour estime que: "je ne saurai avoir la phobie. Ce qui se passe à l'Extrême-Nord est simplement abominable, une vraie imposture des ennemis de notre pays".

Répondant à la question sur les moyens dont il dispose pour ramener Abubakar Shekau aux autorités camerounaises alors qu'il n'a pas d'armes, Brahim Menoumour rit aux éclats avant dire que: "je sais sur quoi je compte. Inutile de dévoiler mes secrets. Je ne suis pas un sorcier mais je suis plus qu'un sorcier, plus qu'une roquette ou un char de guerre. Pour ce qui est de notre armée, elle fait son travail, question de sécuriser nos frontières et le peuple. Moi, je m'intéresse à cette gangrène qu'est Shekau et ses complices".

Enfin, Brahim Menoumour , parlant d'une solidarité entre les chefs d'Etat du Cameroun, du Nigéria et du Tchad dans la lutte contre Boko Haram, estime qu'"il y a une certaine complicité coupable avec les fauteurs de troubles depuis que Deby a fermé ses frontières pour laisser une seule entrée, celle de Ndjamena. Le Tchad gagnerait à collaborer avec le Cameroun pour lever l'équivoque sur les forts soupçons qui pèsent sur son présumé mauvais jeu".