L'axe Maroua-Kousseri ne circule plus. Les mangues, oignons et autres denrées alimentaires sont de plus en plus rares à Yaoundé et Douala, les deux principales capitales du #Cameroun. L'incidence de la guerre contre le groupe terroriste Boko Haram dépasse l'ampleur de la région. Des producteurs ont laissé leurs exploitations ainsi que leurs récoltes pour des camps sans abris où ils n'ont pas accès aux terres. 

A Touloum, le chef-lieu d'arrondissement situé à 20 kilomètres de Yagoua dans le département du Mayo-Danay, frontière avec le Tchad ; les populations vivent dans la peur et la famine. Pour l'heure, la situation est d'une extrême gravité avec la campagne agricole imminente. Les chefs traditionnels locaux encore appelés « lamido » fixent aux déplacés les lopins de terre à des prix exorbitants. Le parti politique Croire au Cameroun propose une offre de développement de la région intégrant la construction des écoles, des routes, des centres de santé et une bonne politique de production agropastorale. 
Pour résoudre durablement le problème d'accès aux terres pour les déplacés, le CRAC compte saisir les autorités camerounaises compétentes.

Dans l'Extrême-Nord Cameroun, certains déplacés camerounais sont obligés de se faire réfugiés nigérians et intégrer leurs camps pour avoir de quoi manger. Ils disent qu'ils ont faim et froid. A cause de l'indigence des jeunes en l'occurrence, ils sont ouverts à la séduction et à l'endoctrinement. 

Les marches contre Boko Haram qui s'organisent à l'intérieur du Cameroun n'apportent aucune solution à leurs cris de détresse. Pour Bernard Njonga, ingénieur agronome et président du parti politique Croire au Cameroun, « il faut sortir de l'égoïsme, arrêter le saupoudrage et tendre la main à ces gens qui sont dans le besoin ». 

Avec 3 111 796 habitants, la région de l'Extrême-Nord Cameroun se place 3ème, derrière les régions du Littoral et du Centre selon le recensement de 2005. Ici, 2 403 032 habitants sont essentiellement des ruraux sur seulement 708 060 habitants en zone urbaine, dont à l'inverse des deux régions susmentionnées.