Les frères Kouachi sont présentés comme étant « d'origine algérienne » par les médias. Cette formulation journalistique interpelle dès lors que les faits ne concernent pas l'#Algérie. Ce pays a désormais extirpé une criminalité politique brutale, semble-t-il liée à la religion. Des expatriés, notamment ceux traqués par l'armée algérienne, la régentent, là où ils se réfugient pour échapper aux poursuites de la justice de leur pays.

Les Kouachi, pseudos « franco-algériens », ne parlent guère la langue arabe et n'ont jamais mis les pieds au pays de leurs parents. C'est aussi le cas de Hayat Boumediene, compagne franco-algérienne du criminel Amédy Coulibaly, le tueur de l'épicerie Kasher de Porte de Vincennes.

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Qui lui ne nous dit rien sur l'origine de ses parents, maliens ou sénégalais.

Et malgré la méditerranée, la terreur qui a touché la ville la plus visitée du Monde, Paris, rappelle « chouia » les faits des années 90 en Algérie. Plus qu'au Daesh d'aujourd'hui, Al-Qaïda a entraîné au Yémen l'un des frères Kouachi. Ces deux organisations sont maintenant sans improvisation.

Les autres franco-algériens…

Aussi, les victimes qui sont dites « franco-algériennes » ne manquent pas. D'abord Ahmed Merabet, 42 ans et père de deux enfants, policier au commissariat du onzième arrondissement parisien. Il a été achevé d'une balle dans la tête, alors qu'il était le premier intervenant au siège du journal. Ensuite Mustapha Ourad, correcteur à Charlie-Hebdo, qui, lui, venait, depuis quelques jours, d'acquérir la nationalité française.

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Et enfin le directeur de Charlie-Hebdo, « Charb », partageait la vie de Jeannette Bougrab, fille de harki algérien et ancienne secrétaire d'Etat, en victime collatérale.

Smaïn Aït Ali Belkacem, Boualem Bensaïd et Djamel Beghal, tous issus de l'islamisme qui a failli prendre le pouvoir à Alger en 1990, sont les figures de proue des trois terroristes qui ont agi simultanément à Paris. Ces survivants de la guerre livrée, dans la solitude, par l'armée algérienne contre le terrorisme des 200 000 morts, prennent le large et agissent à l'international. Alors qu'en France sont accueillis des dizaines de personnes poursuivies en Algérie…

L'instigateur ou le dépositaire de la doctrine de ce groupe, Djamel Beghal, a acquis la nationalité en épousant une Française. Il est le responsable le plus charismatique des cercles où ont été encadrés ces trois terroristes qui ont frappé Charlie-Hebdo et l'épicerie juive. Ses liens internationaux peuvent sanctionner une formation paramilitaire, comme celle au Yémen.

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Aussi bien la cellule islamiste des « Buttes Chaumont » (Paris 20) des frères Kouachi, qu'Amédy Coulibaly de la même région parisienne, qu'il a croisé dernièrement en prison, lui vouent une grande admiration.

L'ancien du GIA, au parcours lourdement garni d'exécrables escales derrière les barreaux, a quitté l'Algérie en 2004, suite à la traque que lui livre alors la sécurité algérienne. Libéré, en France, des poursuites engagées par le juge Bruguière pour un projet d'attentat à Paris contre l'ambassade américaine, Beghal poursuit son activisme à Londres. Puis en Afghanistan où il fut proche des hautes sphères d'Al-Qaïda. Mais il retourne en France et à partir même de sa prison, il active des adeptes mûrs pour le martyr. #Charlie Hebdo

Dénoncée aussi bien en Kabylie (Bejaïa et Tizi-Ouzou, capitales respectivement de petite et grande Kabylie) que par un collectif de journalistes et d'intellectuels au socle du prestigieux monument Riadh El-Feth de la capitale Alger, la barbarie contre Charlie-Hebdo suscite des souvenirs en Algérie. 200 journalistes ont été abattus pendant la « décennie noire », dont le brillant titulaire du prix Goncourt, distinction francophone qui vient de faire joie et polémique en Algérie. Tahar Djaout a été tué, dans le dos, par un jeune de 20 ans, d'un pistolet qui lui a été fourni par un mentor anonyme...