Construction, commerce, mariage, sport, loisir, trafic, lutte contre le terrorisme, espionnage industriel… les utilisations pour le drone sont multiples. Avec l'intensification des mesures de sécurité qui se répand actuellement en Europe, l'usage du drone sécuritaire risque de s'intensifier. Avec tous les dangers que cela comporte.

Les innocents du Pakistan

Au Pakistan, l'armée américaine utilise ces appareils sans pilote pour abattre des individus suspectés d'appartenir à Al Qaeda. Les populations tribales du Nord Waziristan, région dans laquelle sont retranchés les Talibans, comptabilisent leurs morts par centaines.

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Selon le magazine américain Newsweek, seulement 12% des victimes appartiendraient à des groupes intégristes, et seraient donc potentiellement terroristes.

Le site web International Security compile les données liées à la surveillance du territoire américain. Sur celui-ci, on apprend que depuis leur mise en utilisation au Pakistan, les drones ont, en 300 frappes, causé la mort d'environ 3550 personnes, admnistration Bush et Obama confondues. Soit 10 morts par frappes. Parmi eux, 300 étaient des civils et 300 étaient de statut « inconnu ». Le reste des morts sont des « militants intégristes », qui, dans les faits, sont souvent des locaux vivant dans le même village que les terroristes.

Le problème des drones vient de là. Supposées atteindre des présumés terroristes, souvent sans défense, ces frappes sont aveugles.

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La législation américaine stipule que les frappes sont justifiées lorsque la menace est imminente.

Dans un document émanant du ministère de la sécurité américaine, révélé par le site d'investigation de la NBC, Investigations NBC News, il est écrit que « le fait qu'un leader présente la menace "imminente" d'attaquer violemment les #Etats-Unis ne requiert pas des États-Unis d'avoir des preuves claires que cette attaque aura spécifiquement lieu sur les habitants et les intérêts des États-Unis dans un avenir immédiat. »

La définition même de menace est donc une donnée floue, qui justifie n'importe quelle frappe dite chirurgicale mais entraine de sérieux dommages collatéraux. Le simple fait d'avoir un leader intégriste repéré par la caméra d'un drone peut justifier le bombardement d'un village.

La législation en Europe

Dans la résolution du Parlement européen du 27 février 2014 sur l'utilisation des drones armés, il est indiqué que « sept États membres (France, Allemagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Pologne et Espagne) ont signé une lettre d'intention avec l'Agence européenne de défense afin de charger celle-ci d'une étude sur la production commune d'un engin de Moyenne Altitude et de Longue Endurance (MALE) susceptible d'être utilisé pour frapper des cibles militaires ou pour surveiller des embarcations de migrants en Méditerranée. »

Excepté dans les guerres à l'étranger, comme au Mali, l'usage du drone en Europe reste purement observateur.

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Si l'on écarte la Biélorussie, tous les pays européens ont aboli la peine de mort. Abattre sans sommation des cibles potentiellement coupables d'intentions terroristes est donc totalement interdit sur le territoire européen.

Néanmoins, Anders Rasmussen, le Secrétaire Général de l'OTAN, soutenait encore il y a peu que « l'Europe a besoin de drones d'observations ». Que ce soit pour contrôler une manifestation, pour empêcher les migrants d'entrer en Europe ou pour suivre des fugitifs.

Il faut espérer qu'en cette période, les Etats-membres respecteront la directive Européenne sur l'usage des drones demandant que « conformément à leurs obligations légales, ils ne conduisent pas d'opérations illégales d'assassinats ciblés ou ne facilitent pas la conduite de telles opérations par d'autres États. »