Le roi d'#Arabie Saoudite est décédé ce vendredi 23 janvier des suites d'une pneumonie. Si longtemps il fut considéré comme un réel conservateur, il s'est avéré le plus réformateur des dirigeants saoudiens, tout autant que l'on peut l'être dans un pays tel que celui-là, tentant d'adapter le royaume aux temps modernes. Cependant, son âge avancé combiné aux bouleversements dus aux printemps arabes l'ont rendu plus strict ces dernières années. Aujourd'hui, il laisse l'Arabie Saoudite face à un certain nombre de challenges… Quelle est la situation actuelle du pays ? Quels sont les enjeux actuels et futurs auxquels l'Arabie Saoudite doit faire face ?

La chute du prix du pétrole

L'Arabie Saoudite détient 16% des réserves mondiales connues de pétrole.

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Ce qui en fait le premier exportateur d'or noir. Vu comme le leader de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), le royaume a une large influence sur les prix et la stabilité politique au Moyen-Orient.

Depuis le pic de juin 2014, le prix du baril de pétrole a largement chuté. En cause, la surabondance de l'offre, aggravée par la hausse de production américaine. Les pays membres de l'OPEP ont décidé de maintenir le même quota de production, espérant maintenir leur avantage concurrentiel. Cependant, les prix n'ont cessé de chuter jusqu'à présent.

Des questions se posent désormais, suite à la mort du roi, sur l'avenir de la politique pétrolière du pays. Les réponses seront données par la décision du nouveau roi Salman de maintenir à son poste le ministre du pétrole, Ali Al-Naimi, en charge depuis 20 ans.

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Mais, à priori, l'Arabie devrait poursuivre sa stratégie qui est de maintenir les taux de production afin d'affaiblir les pays producteurs non-membres de l'OPEP, et maintenir ainsi ses parts de marché.

La situation régionale tendue

Les tensions entre l'Iran, régime chiite, et l'Arabie Saoudite, régime sunnite, sont connues depuis longtemps. En effet, les deux pays sont en froid depuis la révolution islamique opérée à Téhéran en 1979, qui a fait de l'Iran une république islamique.

Cependant, le conflit syrien n'a fait qu'envenimer les choses à échelle régionale notamment. La Syrie, pays dirigé par l'élite chiite mais ayant une population majoritairement sunnite, est en proie à une guerre depuis 2011. Le régime syrien peut compter sur le soutien de l'Iran, alors que l'Arabie Saoudite est l'ennemi juré de Bachar al-Assad, président syrien, et fournit les rebelles en matière de financements et d'armes.

À cela s'ajoute la crise au Yémen. Jusqu'alors allié de l'Arabie Saoudite, le pays est en proie à un coup d'Etat mené par la milice houthiste il y a peu, soutenue par l'Iran, ce qui ouvre une grande période d'instabilité au sein du pays, qui ne pourrait que se répercuter sur la région.

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Cependant, il y a quelques jours, l'Iran s'est dit prêt à ouvrir la discussion avec l'Arabie Saoudite. Reste à voir si la mort du roi aura une quelconque incidence là-dessus…

La montée de l'Etat islamique

L'organisation Etat islamique, qui sème la terreur en Irak depuis des mois, est aussi un sujet de préoccupation important pour l'Arabie Saoudite. En effet, les djihadistes contrôlent une grande partie du territoire irakien et syrien. Ce qui a poussé, par ailleurs, l'Arabie Saoudite à accélérer la construction d'une muraille le long de sa frontière avec l'Irak. D'autant plus au regard de la proximité des djihadistes avec leur frontière.

L'Etat islamique souhaite imposer un califat dans la région. Pour ce faire, il n'hésitera pas à se lancer à la conquête de l'Arabie Saoudite. Maintenir à distance, voire détruire, ce groupuscule est donc une priorité pour les Saoudiens. Accusés d'avoir financé des groupes radicaux à l'époque, critiqués pour n'avoir pas pris position assez rapidement face à la menace djihadiste, leur position est aujourd'hui claire.

Les relations avec l'Occident

Grande alliée des Etats-Unis depuis des dizaines d'années, l'Arabie Saoudite met un point d'honneur à maintenir au beau fixe ses relations avec l'Occident. Après les attentats du 11 septembre 2001, la politique étrangère des Etats-Unis, reposant jusqu'alors sur l'Arabie Saoudite et Israël, s'est focalisée sur le Moyen Orient. Des Saoudiens visiblement impliqués dans l'attentat, l'Arabie Saoudite fut montrée du doigt. Néanmoins, les Etats-Unis n'ont jamais rompu le lien qui unissait les deux pays, l'Arabie restant leur allié majeur d'un point de vue économique et stratégique.

À ce jour, Saoudiens et Américains se soutiennent mutuellement. Les Etats-Unis aident à protéger le royaume d'Arabie, et profitent en échange d'avantages économiques et stratégiques. Il s'agit d'un donnant-donnant qui semble satisfaire les deux Etats.

La mort du roi ne viendra en aucun cas entacher cette alliance, le président américain Barack Obama ayant déjà affirmé son soutien à l'Arabie endeuillée.

Un conservatisme lié à la religion

L'Arabie Saoudite est le seul pays du monde qui interdit une autre pratique religieuse que l'Islam. Ce qui démontre bien son grand conservatisme. Les lois du royaume sont basées sur la loi islamique, la Charia. Ce qui autorise la mise en œuvre de sanctions, jugées de l'extérieur comme inacceptables. Comme par exemple récemment, la condamnation d'un blogueur à quelques mille coups de fouets, pour « insulte à l'Islam ».

Le pays est majoritairement sunnite, à 85% de sa population. Les 15% de chiites se soulèvent depuis des années… Et sont d'autant plus motivés que l'Arabie Saoudite est encerclée de pays ayant des dirigeants chiites au pouvoir.

Il s'agit désormais au nouveau roi Salman de prendre la relève et de faire face à ces différents enjeux. D'ores et déjà, il a annoncé vouloir rester dans la continuité de son prédécesseur, et poursuivre les réformes entamées par celui-ci. Affaire à suivre donc…