Le 17 janvier 2014, Raul Castro et Barack Obama ont annoncé simultanément le retour à une normalisation des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba.

Les quelques manifestations en Floride contre l'administration Obama laissent à penser qu'une partie de la minorité cubaine demeure opposée à cette normalisation. Pourtant, après plus de 53 ans de rupture, le Président a estimé que les mentalités américaines vis-à-vis de Cuba avaient suffisamment évolué pour pouvoir prendre le risque. La diaspora cubaine aux #Etats-Unis représente environ deux millions d'individus, dont près de la moitié est concentrée en Floride et plus particulièrement à Miami.

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La Floride est un Etat clé dans la course à la présidence américaine, elle est considérée comme un swing state, c'est-à-dire un Etat susceptible de basculer dans un camp ou dans l'autre à chaque élection. Parmi ces swing states la Floride représente 29 grands électeurs, ce qui est considérable et souvent déterminant (en 2000 et 2012 entre autres). C'est pourquoi les candidats se sont toujours efforcés de traiter avec délicatesse cette communauté cubaine de l'électorat de Floride.

Jusqu'au début des années 2000, l'assouplissement des sanctions n'était pas souhaité par la majorité des cubains de Floride. C'est pourquoi les candidats à la présidentielle évitaient de se prononcer en faveur d'un relâchement vis-à-vis de #Cuba pour ne compromettre leur élection, ou bien celle des parlementaires.

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Dans leurs calculs politiques, le simple maintien du statu quo devait leur assurer les voix cubaines.

La position des Américains dans leur ensemble sur Cuba a changé. Cette situation sclérosée représente le dernier résidu de la Guerre Froide sur le continent et rappelle le temps de l'ingérence à coups de big stick.

Du côté de la minorité cubaine, les nouvelles générations nées sur le sol américain prennent leurs distances avec la radicalité de leurs aînés. Les immigrés et réfugiés arrivés plus récemment sont partis pour des raisons davantage économiques que politiques. Ils restent en contact avec leurs proches restés sur l'île, leurs envoient de l'argent. Ils souhaitent pour la plupart la normalisation. Le 17 juin 2014, le Miami Herald publiait une étude selon laquelle pour la première fois la majorité des exilés souhaitaient une normalisation des relations avec Cuba.

Un changement s'opère sur l'opinion publique, malheureusement quand on se tourne du côté politique on s'aperçoit que la question cubaine dépasse le simple clivage partisan.

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Au Congrès, les élus issus de la minorité cubaine militent contre un rapprochement entre les deux pays comme MM. Rafael E. Cruz et Marco Rubio candidats potentiels aux primaires républicaines ou M. Robert Menendez, ancien président démocrate de la commission des Affaires Etrangères du Sénat.

M. Obama fait aujourd'hui un pari sur l'avenir. Reste à savoir comment les élus du Congrès vont parvenir à s'entendre sur le plan législatif pour lever des sanctions américaines, et à voir les conséquences électorales potentielles de cette décision lors du prochain scrutin national.