Après trois renvois, le procès du journaliste camerounais Flash Zacharie Ndiomo, directeur de publication de l'hebdomadaire Le Zenith, pourra débuter le 22 janvier au Palais de #Justice d'Ekounou, quartier de la ville de Yaoundé. Ndiomo est accusé de "dénonciations calomnieuses" par un haut responsable du ministère camerounais des finances. Il avait publié dans son hebdomadaire "les biens mal acquis" du secrétaire général du ministère camerounais des finances.

Dans une lettre ouverte qu'il a adressée il y a quelques mois à ses confrères depuis sa cellule, le journaliste écroué depuis le 20 octobre 2014 à la prison centrale de Yaoundé a tenu à préciser que : "Cette publication puisait sa source dans une lettre de dénonciation avec photos à l'appui, adressée au président Paul Biya".

Le journaliste d'investigation avait, avant cette publication, approché le plaignant dans le but de recouper des informations auprès de celui qu'il considérait comme étant son ami. Le Zénith voulait comprendre l'origine des biens de ce haut fonctionnaire camerounais.

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Et soupçonnait un enrichissement du fonctionnaire qualifié de "sauvage et scandaleux".

Méthodes policières dénoncées et justice instrumentalisée

Directement visé, Ebang Mve Urbain Noël a mal apprécié la démarche du journaliste à qui il a attribué une correspondance qui énumérait son insolente fortune. Flash Zacharie Ndiomo a été convoqué et gardé pendant neuf jours dans les services régionaux de la Police judiciaire du Centre pour "diffamation et déclarations mensongères" et quelques jours plus tard, pour "tentative d'escroquerie et menace sous conditions".

Le journaliste crie à la persécution et dénonce les méthodes judiciaires employées par le plaignant. Le directeur de publication est embastillé depuis trois mois sans jugement. "Flash subit des tortures au quotidien de la part de ses co-détenus et du personnel pénitencier qui agirait aux ordres du pouvoir et de l'argent", a confié jeudi à Blasting News, un des membres de sa famille.

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Son médecin qui lui a rendu visite dans l'après-midi a indiqué que "Flash Zacharie Ndiomo souffre de problèmes rénaux aigus et d'obstruction intestinale".

Lors de sa dernière comparution dans la salle d'audience du Palais de Justice d'Ekounou, le journaliste avait essuyé un autre camouflet de la part des hommes de la loi. les membres de la collégialité ont refusé de faire leur travail au prétexte que l'avocat du plaignant, arrivé pour la première fois ce jour, devait d'abord s'enquérir du dossier. Un autre renvoi, sur fond de manœuvre dilatoire, qui a provoqué un tollé chez des patrons de presse, las de voir cette affaire encore trainer en longueur. Et du coup, pendant que certains parlent de l'instrumentalisation de la justice, des syndicats et associations de journalistes multiplient des appels à l'opinion internationale pour exiger la libération du journaliste d'investigation Flash zacharie Ndiomo.