Souvent oubliée, parfois snobée, la #Chine a pris sa revanche sur le monde en devenant en quelques années la première puissance mondiale. Et si elle a réussi à se développer à l'intérieur même de ses frontières, c'est à l'extérieur qu'elle s'impose de plus en plus, et particulier… en #Afrique. Les chiffres ne mentent pas : dans les années 90, la Chine était le 83ème partenaire de l'Afrique. Aujourd'hui, elle est bien évidemment devenue son premier, et la Chine y consacre chaque année pas moins de 15% de ses investissements. Le continent noir représente le graal pour les investisseurs chinois : main d'œuvre bon marché (moins chère que chez eux, si c'est encore possible), ressources inexploitées, manque d'investissements… Pas étonnants que des dizaines d'entreprises chinoises ont vu le jour en Afrique, ou ont racheté des groupes industriels déjà présents sur le terrain.

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Ainsi, la Chine est présente dans les industries majeures du continent. Au Gabon, Sinopec gère les hydrocarbures. En Ethiopie, les usines de textiles chinoisent ont colonisé les villes. Jinchuan règne sur l'extraction des minerais en Afrique du Sud. L'Afrique du Sud d'ailleurs, qui se profile comme étant la nouvelle terre d'expansion de la Chine : la Banque industrielle et commerciale de Chine a investi plus de 5 milliards de dollars dans la Standard Bank, tandis que Faw, un constructeur automobile, s'est établi dans un tout nouveau site de production.

Les exemples d'investissements sont presque impossibles à lister dans leur totalité, tant la Chine s'est infiltrée dans chaque dollar récolté et dépensé par l'Afrique. Au point que certains crient à la colonisation 2.0 et à l'exploitation des ressources du continent que n'auraient pas déjà volé les Etats-Unis ou l'Europe.

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Mais à y regarder de plus près, ces incroyables investissements chinois ne permettraient-ils pas à l'Afrique d'enfin prospérer ?

Des routes et chemins de fer

En effet, contrairement aux pays occidentaux qui ont principalement été en Afrique pour s'implanter et profiter des richesses du continent, la Chine, elle, a une stratégie tout à fait différente. La bilatéralité, voilà le succès de ces relations Chine-Afrique! Et on l'observe sur deux points. Le commerce d'abord : l'Afrique profite largement de l'ouverture de la Chine pour ses exportations, puisque sur les près de 200 milliards de dollars échangés en 2012 (contre 10 milliards en 2000), environ 85 milliards représentaient les importations chinoises en Afrique, contre 113 milliards d'exportations africaines en Chine. Le jackpot pour les entreprises du continent noir, d'autant plus que la Chine pratique également une politique de souplesse envers ses alliés africains, qui doivent ainsi payer moins de taxes que les autres.

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Autre caractéristique de l'investissement chinois : l'Empire du Milieu consacre énormément d'argent au développement réel du continent, principalement pour ce qui est des infrastructures. Près de 2 230 kilomètres de chemins de fer et 3 530 kilomètres de routes ont été créés sur tout le continent, favorisant les communications entre les grandes villes.

Pas de profits pour les locaux

Mais si la Chine peut passer pour un généreux mécène aux yeux de la communauté internationale, nombreux sont les pays africains, et en particulier leurs citoyens, qui ne voient pas d'un si bon œil la coopération sino-africaine. En effet, deux grands reproches sont à faire à la Chine. En premier lieu, les industries chinoises qui s'y implantent ne font presque pas vivre la population locale. Que du contraire ! Très généralement, les travailleurs sont chinois, les banques sont chinoises, les habitations éphémères sont chinoises et tous les matériaux utilisés pour la construction… viennent également de Chine. Deuxième point: ces travailleurs chinois respectent les normes de leur pays, alors que l'Afrique est depuis longtemps formée à suivre les normes européennes et américaines. Et on le sait, les matériaux et constructions chinoises ne sont pas toujours de la première qualité, ce qui peut entraîner quelques années plus tard de nouveaux travaux, aux frais du pays initialement aidé si la Chine décide de se retirer du projet. La Chine désire-t-elle le beurre et l'argent du beurre, au mépris de son compagnon africain ? Il est encore malheureusement trop tôt pour pouvoir le dire.