Le numéro post-attentat de #Charlie Hebdo qui a été distribué dans 25 pays semble ne pas plaire à tout le monde. Bien que la version électronique du journal existe en arabe, la version papier n'est pas vendue en Algérie, ni au Maroc ainsi que dans d'autres pays arabo-musulmans.

La « une » de Charlie Hebdo, dévoilée dès lundi dernier, a entraîné de nombreuses critiques dans plusieurs pays musulmans. Ce nouveau numéro de Charlie Hebdo, tiré à près de 5 millions d'exemplaires, provoque déjà une polémique. Il représente le prophète Mohammed la larme à l'œil et tenant un panneau « je suis Charlie ». Il a été fait par le dessinateur Luz et n'a pas été apprécié par tous les musulmans.

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Aux Philippines, environ 1 500 personnes ont manifesté aujourd'hui. Elles se sont rassemblées dans l'une des principales villes à majorité musulmane. « Ce qui s'est passé en France est une leçon de morale au monde pour qu'il respecte l'ensemble des religions » a déclaré un des manifestants. « La liberté d'expression ne va pas jusqu'aux insultes » a confié un autre.

En Turquie, la justice a interdit la diffusion sur internet de la caricature qui représente le prophète Mohammed et le vice-président Yalcin Akdogan a dénoncé sur Twitter « une nouvelle provocation contre l'#Islam en publiant des dessins représentant soi-disant notre prophète ». De son côté, le tribunal turc a argumenté : « la liberté d'expression n'autorise personne à dire tout ce qu'il veut ». En ajoutant que « les dessins, les mots, écrits et publications qui médisent les valeurs religieuses constituent une insulte pour les croyants ».

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Les Turcs ont lancé sur Twitter #UlkemdeCharlieHebdoDagitilamaz « Charlie Hebdo ne doit pas être distribué dans mon pays ».

En Egypte, le Grand Mufti a condamné cette publication, en disant que « cette provocation injustifiée va à l'encontre des sentiments d'un milliard et demi de musulmans dans le monde ». Aujourd'hui, l'université Al-Azhar appelle les musulmans à ignorer ce dessin.

En Algérie, plusieurs hommes politiques et religieux ont condamné la publication d'aujourd'hui. « Le dessin qui représente notre prophète Mohammed n'est pas acceptable et absolument écarté. L'islam fait partie de notre identité et ce qui touche à notre religion touche directement notre identité » a déclaré Ali Benfliss, un homme politique algérien.

De son côté, l'Union mondiale des oulémas musulmans a considéré qu'il n'était « ni logique, ni raisonnable, ni sage, de publier de nouveau dessins blessants ». L'Etat iranien dénonce de son côté une ouverture insultante et le ministre des affaires étrangères de Téhéran, Mohamed Javad Zarif, a appelé au respect mutuel des différentes convictions religieuses.

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Quant au grand Mufti de Jérusalem, Mohamed Hussein, la plus haute autorité religieuse dans les territoires palestiniens, il a dénoncé comme une insulte les dessins du prophète tout en rejetant le recours à la violence.

Le saoudien Iyad Ameen Madani, secrétaire général de l'Organisation de la Coopération Islamique, voit ce dessin de Charlie hebdo, comme un signe d'insolence et d'ignorance. « La liberté d'expression ne doit pas innocenter un discours de haine qui insulte les croyances des autres. Aucune personne quelles que soient ses croyances, ses convictions, n'accepte qu'on ridiculise ses croyances » a déclaré le président de OCI.

Des réactions ont été enregistrées dans certains pays occidentaux. Aux Royaume-Uni, seuls les quotidiens The Guardian et The Independant ont publié la une du journal satirique en pages intérieures. The Guardian avait pris la précaution d'avertir ses lecteurs dans les deux formats (électronique et papier) du journal avec cette mention en petits caractères : « Attention, cet article contient la Une de Charlie Hebdo pouvant paraitre offensante ».

En Australie, l'article 18 de la loi anti-discrimination stipule qu'il est illégal d'insulter, d'encenser, ou d'humilier, un groupe de personnes quelles que soient leur couleur de peau ou leur appartenance religieuse ou ethnique. Charlie Hebdo pouvant être présenté de cette manière, deux sénateurs libéraux ont demandé la réouverture du débat sur la liberté d'expression jugeant cet article 18 très restrictif. Ils ont reçu le soutien de Tim Wilson, commissaire en charge des droits de l'homme, qui concède qu'en raison de l'article 18, un journal comme Charlie ne pourrait pas exister en Australie. #Jihad