C'est officiel : les géants du Golfe Arabo Persique ont décidé qu'ils ne baisseront pas leur production de pétrole afin de maintenir les prix bas et l'offre au-dessus de la demande. Le Cameroun, comme de nombreux autres pays membres de l'Organisation des Pays Producteurs et Exportateurs de Pétrole (Opep) dit ne pas pouvoir survivre avec cette baisse annoncée du baril de pétrole à moins de 100 dollars.

S'il est vrai que les finances 2015 du Cameroun ont intégré cette nouvelle conjoncture économique en aménageant quelques nouvelles dispositions fiscales, certains observateurs s'inquiètent de voir baisser les réserves du Cameroun actuellement de 3,5 millions de barils par mois d'importation.

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Pour Idriss Linge, journaliste économique: "en raison de la position en mer de nos exploitations les plus rentables, la production du pétrole camerounais coûte cher (autour de 40$ le barils selon certains experts) dont forcément, actuellement les opérateurs ne font plus de grosses marges et le risque devient trop important, il y a un risque de désinvestissement".

Les observateurs indépendants interrogés par Blasting News pensent que "ce désinvestissement risque  de conduire à la fermeture des puits de forage si les prix du baril continuent de baisser, les Saoudiens et autres ont des réserves énormes. Or, ce qu'il faut comprendre ,c'est que si le Cameroun subissait un déclin sur les recettes de son pétrole, ce serait une catastrophe économique."

Le pétrole constitue 58% des exportation du Cameroun et ne contribue qu'à hauteur de 7% du PIB. Pour Linge: "il y a un risque de voir baisser nos réserves de changes qui sont de 3,5 mois d'importation, ce qui va faire peser le coût financier des opérations d'import, et donc un accroissement du coût de la vie, car on importe tout: riz, pissons, huiles et même aussi pétrole raffiné". Pour sa part, "la loi de finances 2015 du Cameroun, a intégré cette nouvelle conjoncture économique en aménageant quelques nouvelles dispositions fiscales", a indiqué Yaouba Djaligue, journaliste. 

Entre le moment où la loi a été adoptée et aujourd'hui, l'évolution de la situation fait craindre une baisse encore plus grande du prix du barils. Augustin Lévi, un économiste, propose que "le gouvernent camerounais réfléchisse bien pour ne pas être de nouveaux surpris par les prix à la pompe".