Depuis 2010, l'Etat islamique est alimenté par environ 15 000 combattants venus de l'étranger. Dans ces chiffres, on retrouve entre 300 et 2500 personnes venues de #Russie, dont le Daguestan. Cette République russe qui se trouve dans le Caucase du Nord est fréquemment l'objet d'attentats, revendiqués par des islamistes radicaux, sur son territoire. Située au bord de la mer Caspienne, on y retrouve certaines zones donnant l'impression d'un véritable havre de paix. Mais la réalité quotidienne est tout autre, surtout dans la capitale Makhatchkala, théâtre de nombreuses scènes de violence au quotidien entre les forces de sécurité et les rebellions islamistes.

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En 2012, d'après le parquet de Russie « 295 crimes à caractère terroriste auraient été commis au Daguestan ». Des islamistes radicaux opèrent dans cette République de trois millions d'habitants.

Créer un émirat du Caucase

Les attaques ont d'abord commencé en Russie. Depuis la fin des années 90, le pays cher à Vladimir Poutine est frappé par une vague d'attentats islamistes sur son territoire. Le plus marquant restant celui du métro de Moscou en mars 2010 causant la mort d'une quarantaine de personnes. Les JO de Sotchi en février 2014 ont également été longuement menacés. Cent jours avant le début, six personnes se faisaient exploser dans un bus en plein centre de la ville de Volgograd. A l'époque, Dokou Omarov, le chef des islamistes du Caucase, avait déclaré « empêcher par tous les moyens la tenue des JO à Sotchi ».

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Et « qu'il voulait créer un émirat du Caucase ». Comment ne pas également mentionner l'attentat de Boston en avril 2013 ? Organisés par les frères Tsarnaev, tous deux nés au Daguestan et ayant vécu en Tchétchénie. « Ces terroristes opèrent aujourd'hui partout et notamment en Syrie », indiquait à l'époque Pavel Salin, directeur du Centre de recherches politiques à l'Université des finances de Moscou.

La guerre est devenue un combat islamiste

Voisin de la Tchétchénie, victime de deux guerres contre la Russie en 1994-1996 et 1999-2000, le Daguestan s'est peu à peu inspiré de son voisin pour rejeter « Moscou » et donc le régime de Damas, soutenu par Vladimir Poutine. Une motivation supplémentaire donc pour rejoindre l'#Etat Islamique en Syrie. La guerre opposant les forces russes aux indépendantistes est peu à peu devenue un combat islamiste, où la charia doit être imposée comme loi de l'Etat. Après des défaites contre l'ogre russe, le terrorisme caucasien est en quelque sorte « sorti de ses frontières ».

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Il a également profité du mécontentement social dans les Républiques du Caucase pour « favoriser la montée d'un jihadisme pancaucasien ». Désormais reconnu à l'échelle internationale comme celui présent au Nigeria (Boko Haram) et en Somalie, où les shebabs commettent de nombreux crimes. Mais de toutes les Républiques du Caucase, c'est le Daguestan qui semble le plus fragile. « L'instabilité s'est déplacée, sévissant moins en Tchétchénie et en Ingouchie qu'en Kabardino-Balkarie et surtout au Daguestan », confirme Maxime Pour, moniteur du master Sciences Po à Aix.