Le dirigeant de la première nation productrice et exportatrice de pétrole au niveau mondial est mort d'une pneumonie le 23 janvier 2015. Abdallah Ben Abdel Aziz Al-Saou avait 90 ans. Son demi-frère Salman Ben Abdel Aziz, 79 ans, lui succède.

À l'échelle mondiale, cette mort suscite énormément d'émotions, heureuses autant que malheureuses. En un sens réformateur, le monarque aurait essayé d'assouplir des lois rigides faisant date. Sans grand succès. Fils d'Abdel Aziz Ben Abdel Rahman, il est né en 1924, à Riyad. Son père, qui dirige alors l'#Arabie Saoudite, luttera pour lui donner sa forme actuelle, au sein de laquelle figure la Mecque et Médine.

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En 1964, Abdallah prend la tête de la garde nationale, un poste qui inclut la surveillance des champs pétroliers. Un poste politiquement très important, qui lui assure le soutien de différentes tribus politiques. En 1982, le roi Khaled meurt, le prince héritier Fahd ben Abdelaziz al-Saoud lui succède et Abdallah devient vice-premier ministre et prince héritier. Lorsque l'Irak envahit le Koweït en 1990, élément déclencheur de la guerre du Golfe, le prince Abdallah fait très peu parler de lui, malgré l'importance de son poste.

Ce n'est qu'en 1995 qu'il prendra partiellement les rênes du royaume. Atteint d'une grave crise cérébrale, le roi Fahd, incapable de gouverner, n'abandonne pas le trône mais abandonne la majeure partie de des fonctions aux mains d'Abdallah. La mort de Fahd en 2005 verra Abdallah finalement accéder au trône.

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Une position difficile

Lorsqu'il monte sur le trône, l'Arabie saoudite a mauvaise presse à l'étranger. L'état Saoudien est accusé de soutenir Al-Qaïda après les attentats du 11 septembre, d'héberger le terroriste Ben Laden, de pratiquer la peine de mort, d'infliger des punitions spectaculaires pour des cas de blasphème, de ne pas respecter le droit des femmes, d'attiser l'anti-américanisme global et bien plus.

Il tentera par différents moyens de renouer le dialogue avec notamment Israël, les minorités chiites et l'Iran. Il essaiera de contrôler la police des mœurs, très active sur tout écart à une certaine application de la loi coranique.

Néanmoins, il hébergera le président tunisien Ben Ali fuyant le « printemps arabe » et condamnera juste avant sa mort le blogueur Raef Badaoui à 1000 coups de fouets pour critique de l'Islam.

Face à ces nombreuses questions, son successeur Salman Ben Abdel Aziz devra lutter pour conserver son image d'homme intègre.