Après la chute de l'URSS et la fameuse « période spéciale » des années 1990, le Venezuela est devenu le grand partenaire du régime cubain. Depuis l'arrivée de Hugo Chavez en 1999, qui considérait alors Fidel Castro comme son « mentor », le pays a irrigué de manière continue l'économie de l'île. Afin de permettre à #Cuba, la « démocratie révolutionnaire », de maintenir le statuquo face au géant américain, les deux régimes ont accentué leur relation bilatérale (aide au développement, coopération et échange au niveau commercial, dans les domaines de services de renseignements…). L'exemple le plus emblématique est la fourniture par le Venezuela de 60% des besoins énergétiques de Cuba en échange de médecins, les fameux médecins cubains.

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Une des caractéristiques principales des échanges entre les deux pays est que les biens exportés sont peu coûteux pour le pays d'origine mais d'une grande valeur pour le pays importateur. C'est une interdépendance liée à leurs avantages comparatifs, une sorte de matérialisation du modèle de Ricardo.

Le partenariat avec Caracas reposait principalement sur l'alchimie entre MM. Hugo Chavez et Fidel Castro. Le paroxysme de cette entente est la création d'une organisation de coopération régionale : l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Les deux hommes en sont les principaux artisans. Aujourd'hui l'ALBA regroupe certaines îles des Antilles dont Cuba est la plus importante, et aussi trois Etats d'Amérique du Sud : la Bolivie, l'Equateur et le Venezuela.

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Le but de l'organisation est de privilégier le commerce entre Etats membres, développer le niveau d'éducation et l'amélioration de la santé publique tout en proposant un projet politique différent de celui de l'Organisation des Etats Américains. Mais aujourd'hui l'ALBA est en perte de vitesse depuis la création d'un autre projet latino-américain en 2010 : la Communauté des États latino-américains et caraïbes (CELAC). Plus fédérateur que l'Alliance Bolivarienne, la CELAC regroupe tous les pays du Mexique à la Terre de Feu. Cuba préfère jouer la carte de l'intégration latino-américaine, que de miser sur un partenariat incertain.

Après son arrivée en 2006, Raul Castro, sans cesser sa collaboration avec le régime bolivarien, a commencé à chercher d'autres partenaires. En effet dans une volonté de faire bouger les lignes du statuquo, s'acoquiner avec Caracas en conflit ouvert avec Washington revient à courir un sacré risque. Hugo Chavez qui à la base construisait son personnage sur une rhétorique anti-impérialiste et bolivarienne, accusait depuis 2002 l'administration Bush d'être derrière la tentative d'assassinat dont il a été victime et avait suspendu les relations diplomatiques avec Washington dès 2008.

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Le risque de mis au ban du principal partenaire ne valait pas la peine d'être couru pour les autorités cubaines sous peine d'une nouvelle « période spéciale ».

Aujourd'hui la chute des cours du pétrole qui écorne une économie vénézuélienne déjà troublée par des contestations à l'encontre du gouvernement de M. Maduro, ainsi que les différentes sanctions américaines confirment la justesse du calcul politique de Raul Castro. Le Venezuela est aujourd'hui, et depuis quelques années, incapable de répondre aux besoins de financement de Cuba.

Dans sa volonté de nouer de nouvelles alliances afin de pouvoir répondre à cet urgent besoin de financement pour développer son économie, Cuba a trouvé un partenaire inespéré : le Brésil. Ensemble, les deux pays rénovent le port de Mariel à l'Ouest de la Havane afin d'en faire le premier point de pénétration de la future économie cubaine. #Etats-Unis