Finalement, la Russie sera bien représentée aux cérémonies du 70ème anniversaire de la libération d'#Auschwitz qui auront lieu demain en #Pologne. C'est Sergueï Ivanov, le chef de l'administration présidentielle russe, qui sera présent au nom du Kremlin aux côtés des présidents allemand et français notamment. La décision a été rendue publique après quelques jours d'atermoiements qui ont fait planer sur ces commémorations un vent de nouvelle guerre froide.

Tout a commencé le 13 janvier. Le porte-parole du Kremlin a déclaré qu'aucun voyage en Pologne n'était enregistré dans l'agenda de #Vladimir Poutine. Alors que la présence du président russe aurait été logique pour célébrer l'anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz par l'Armée rouge.

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La raison de cette absence : Vladimir Poutine n'a pas reçu d'invitation officielle de la part du gouvernement polonais. Pour certains observateurs, Varsovie ne souhaiterait pas que Poutine apparaisse sur la photo de cet événement en raison de son rôle supposé dans le conflit ukrainien. La Pologne, ancien pays satellite de l'URSS, est désormais fermement accrochée à l'Union européenne et à l'OTAN. Sur le dossier ukrainien, elle défend une ligne dure en Europe, avec les Pays Baltes notamment.

Difficile de démêler le vrai du faux car, pour Vladimir Poutine, l'opération peut aussi présenter un avantage. En se présentant comme victime du « camp occidental », il peut jouer sur la corde sensible du nationalisme russe. D'un côté comme de l'autre, ces petites manœuvres font planer au-dessus des commémorations un vent de nouvelle guerre froide.

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Alors que l'union nationale est à la mode en France, la Pologne et la Russie ne semblent pas prêtes à mettre leurs divergences de côté le temps d'une cérémonie.

Baroud d'honneur des ministres des affaires étrangères

L'échange d'amabilités entre les deux Etats est d'autant plus surprenant que la Russie est impliquée dans les commémorations. Sur la page du ministère polonais des affaires étrangères, il est fait mention d'une exposition installée au Musée central de la grande guerre patriotique de Moscou et du soutien d'une association pour l'histoire de la guerre russe. Et il n'est pas non plus question de remettre en cause le fait que c'est l'Armée rouge qui a libéré le camp nazi. Dans un communiqué en date du 23 janvier, le même ministère polonais détaille d'autres événements en lien avec les commémorations : « un documentaire intitulé "Libération d'Auschwitz" sera projeté, incluant des clichés originaux pris par les troupes de l'Armée rouge qui ont libéré le camp les 27 et 28 janvier 1945 ».

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Signe que tout cela ressemble de plus en plus à un jeu politique quelque peu convenu, les deux ministres des Affaires étrangères se sont livrés à un dernier échange le 21 janvier. « Peut-être il vaut mieux dire que c'étaient le premier front ukrainien et les Ukrainiens qui l'ont libéré ? Parce qu'en ces jours de janvier ce sont les Ukrainiens qui ont ouvert la porte et ont libéré le camp », a lancé le ministre polonais. En réponse, le ministre russe a publié un communiqué : « il est difficile de supposer un tel manque de connaissances de la part d'un responsable de niveau si élevé que Grzegorz Schetyna. Il est de notoriété publique que le camp d'Auschwitz a été libéré par l'Armée rouge, qui regroupait des combattants héroïques de toutes origines ethniques. Il est à noter également que jusqu'au novembre 1943, le Premier front ukrainien s'appelait le Front de Voronej, et avant cela le Front de Briansk. Il existe évidemment d'autres explications. A notre avis, il est grand temps de cesser de se moquer de l'histoire et de pousser l'hystérie antirusse jusqu'au non-respect de la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour sauver l'Europe. » Fermez le ban.