La directrice d'Amnesty International pour les Amériques, Érika Guevara Rosas, a dénoncé l'enquête du Bureau du procureur général du Mexique pour les attentats des 43 étudiants d'Ayotzinapa, dans l'état de Guerrero. Lors d'une sortie publique effectuée après avoir parlé avec les familles des victimes le 22 janvier dernier, elle a mentionné que « les autorités avaient failli à leur devoir en n'enquêtant pas correctement sur toutes les possibilités de collusion entre les forces armées, les politiciens et la sécurité publique qui ont mené à la disparition des victimes. »

Les 43 étudiants disparus en novembre dernier avaient fait la manchette.

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De grandes manifestations avaient eu lieu à travers le pays pour exiger la vérité. Au final, le scepticisme demeure quant aux intentions réelles des politiciens. Amnesty International a fait cette sortie quelques heures après que l'Université d'Innsbruck, qui doit identifier de manière indépendante les restes calcinés des corps, ait annoncé qu'il lui était impossible de le faire car l'ADN était endommagé.

Ce qui laisse planer la théorie que les corps trouvés ne sont peut-être pas ceux des élèves. La directrice d'Amnesty International mentionne que « la promiscuité entre les forces de l'ordre, les autorités gouvernementales et les forces armées l'inquiète. »

Pour elle, la disparition des élèves a été un choc pour le Mexique et pour le monde. « La tragédie d'Ayotzinapa a changé la fausse perception que la situation des droits humains s'améliore dans ce pays depuis l'arrivée d'Enrique Peña Nieto », disait-elle.

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Selon les chiffres de l'organisme, il y aurait eu plus 100 000 victimes depuis le début de la guerre aux cartels en 2006. De plus, 23 000 manquent à l'appel. « Le cas d'Ayotzinapa a permis d'ouvrir les yeux du monde. Il y a des milliers de cas similaires qui ont à peine été enquêtés par les autorités », a-t-elle avancé en disant que « l'impunité demeure la norme pour ces massacres. Les institutions gouvernementales faillissent à leur devoir de protéger les droits humains », a dit Mme Guevara en conclusion.